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En direct du monde. La route des migrants haïtiens vers les Etats-Unis passe par Tijuana, au Mexique

Tijuana, la ville mexicaine située sur la frontière avec les Etats-Unis, est devenue un point de passage pour des milliers de migrants haïtiens et africains.

Des migrants dorment à même le sol à Tijuana, le 2 octobre 2016.
Des migrants dorment à même le sol à Tijuana, le 2 octobre 2016. (GUILLERMO ARIAS / AFP)

Tijuana, au Nord-Est du Mexique, est devenu un goulot d'étranglement pour les migrants venus d'Haïti mais aussi d'Afrique, qui rêvent d'entrer aux Etats-Unis. Depuis mai, plus de 11 000 sont passés par le poste-frontière entre Tijuana et San Diego, en Californie.

La crise semble s’amplifier depuis que les Etats-Unis ont mis un frein aux arrivées de ces migrants qui se présentent au poste-frontière. La situation est critique à Tijuana, car de nombreux migrants sont forcés de dormir dans les rues de la ville.

De nouveaux refuges ont ouverts et les églises hébergent aussi du monde, mais le sentiment de crise persiste depuis plusieurs semaines. Non seulement, les migrants qui arrivent sont de plus en plus nombreux, mais en plus, les autorités américaines ont ralenti le rythme d’accueil.

La situation s’est en outre dégradée en Haïti, après le passage de l’ouragan Matthew, avec le risque de voir une partie de la population poussée elle aussi à l’exil. 

Comment expliquer cette affluence soudaine de migrants haïtiens vers Tijuana ?

Ce mouvement migratoire trouve son origine au Brésil. Ce pays a octroyé massivement des visas humanitaires suite au tremblement de terre en Haïti, en 2010. Ces migrants ont trouvé du travail avant la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques, et un certain nombre de citoyens de pays africains ont eux aussi bénéficié de l’ouverture du Brésil.

Mais quand le travail a commencé à manquer, ils ont repris leur voyage, à pied ou en bus, à travers l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale. Beaucoup d’entre eux sont actuellement bloqués au Costa Rica, car le Nicaragua refuse de les laisser passer, contrairement au Mexique, qui les laisse traverser. Selon les Etats-Unis, 40 000 Haïtiens sont encore en route, quelque part entre le Brésil et le Mexique.
 

Ces Haïtiens obtiennent l’asile côté américain ?

Il est trop tôt pour le dire. Mais le message envoyé par le gouvernement américain, semble négatif. Fin septembre, Washington a annoncé la reprise des expulsions vers Haïti, alors qu’elles avaient été interrompues en 2010. Jusqu’à présent toutes les demandes de ceux qui sont entrés par San Diego sont encore en cours de traitement.

Le Mexique a proposé à certains Haïtiens de leur offrir l’asile et du travail, mais ceux-ci ne veulent pas rester à Tijuana. Ils n’ont pas traversé la moitié du continent américain, en passant par dix pays, pour s’arrêter sur le seuil de leur destination.

Des migrants dorment à même le sol à Tijuana, le 2 octobre 2016.
Des migrants dorment à même le sol à Tijuana, le 2 octobre 2016. (GUILLERMO ARIAS / AFP)