En Colombie, les peuples autochtones occupent le parc national de la capitale pour dénoncer leur situation

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Depuis sept mois maintenant, des peuples indigènes colombiens occupent le parc national de la capitale Bogota pour réclamer l’aide du gouvernement. Près de 1 700 autochtones vivent dans un campement pour dénoncer la grande précarité de leur communauté.

Article rédigé par
Najet Benrabaa. Edité par Phéline Leloir-Duault - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Des enfants des communautés autochtones dans le camp installé depuis septembre dans le parc national de Bogota, après un affrontement avec la police, le 7 avril 2022. (RAUL ARBOLEDA / AFP)

En Colombie, voilà sept mois maintenant que des peuples indigènes ont installé un campement dans le parc national de Bogota pour réclamer l'aide du gouvernement et mettre en lumière leur situation. Ils sont près de 1 700, et dénoncent la situation que vit l'ensemble de leur communauté dans le pays : leurs terres livrées aux groupes armés, le déplacement forcé et le manque d’eau et de nourriture. 

4% de la population colombienne

Les peuples indigènes ou autochtones de Colombie représentent près de 4% de la population. Ils parlent des langues amérindiennes et vivent en général dans des resguardos, c'est-à-dire des réserves naturelles. Ils vivent également selon la tradition de la communauté, en élevant du bétail et en vendant de l’artisanat, principalement des sacs et des hamacs faits de crochet ou de broderie.

Les peuples autochtones sont l’un des groupes qui souffrent le plus des guerres de territoires entre les bandes criminelles ou les guérillas. Ces derniers s’installent sur leurs terres car elles se trouvent dans des zones stratégiques pour la production ou le transport de marchandises illicites, ou bien parce que ce sont des terres pour l’exploitation de ressources naturelles comme l’exploitation minière ou d’hydrocarbure. Du coup, les communautés indigènes sont forcées de quitter leurs terres pour aller se réfugier dans les villes ou tout simplement pour s’installer plus loin dans l’espoir d’être en sécurité. 

Des promesses signées... mais pas appliquées

Les familles sont abritées sous des tentes construites avec des bouts de bois et des bâches en plastique noires, ce qui ne représente pas grand-chose pour affronter la pluie et le froid qui caractérisent la capitale colombienne.  Mais les communautés indigènes qui viennent de plusieurs régions du pays, la plupart isolées et sans ressources, ne veulent pas baisser les bras. Elles réclament l’aide du gouvernement pour garantir leur sécurité dans leurs territoires. Elles affirment que jusqu’à présent de nombreuses promesses ont été signées mais aucune n’a été appliquée.

Plusieurs négociations ont été entamées entre les deux parties, mais rien de concret n’a été signé et la tension monte. Le mois dernier, des affrontements ont même eu lieu entre la police et les occupants du parc. La maire de la ville, Claudia Lopez, a proposé d’installer les communautés dans des centres d’accueil d’urgence en attendant les avancées des négociations. Ce qu'ont refusé les représentants des autochtones, qui demandent des solutions sur le long terme.

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