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En Bolivie, les efforts d'Evo Morales n'ont pas suffi pour récupérer l'accès à la mer perdu en 1883

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La Cour internationale de justice a rendu son arrêt, lundi 1er octobre : le Chili n'est pas tenu de négocier avec la Bolivie dans le différend frontalier qui mine les relations entre les deux voisins depuis plus d'un siècle.

Article rédigé par
Alice Campaignolle - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Le président bolivien Evo Morales aux Nations Unis à New York, le 26 septembre 2018. (ANGELA WEISS / AFP)

La Bolivie a n'a plus d'accès à la mer depuis la guerre du Pacifique, perdue par les Boliviens face au Chili, en 1883. 400 kilomètres de côtes sont ainsi devenus chiliennes. Récupérer un accès maritime était l’une des batailles du président Evo Morales et il a mené le litige qui l’oppose à son voisin jusqu’à la Cour internationale de justice, qui a rendu sa décision, lundi 1er octobre : le Chili n'est pas tenu de négocier avec son voisin, selon la Cour internationale de justice.

Les Boliviens attendaient beaucoup de La Haye, après cinq ans de procédure et des décennies de tension. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis 1978 et la question maritime est au cœur de la discorde. Selon Evo Morales, le fait de n’avoir pas accès à la mer est un frein à la croissance du pays, à ses échanges commerciaux et à son ouverture au monde. 

Des conséquences politiques pour Evo Morales  

Beaucoup voient dans la demande d'un accès à la mer un objectif stratégique pour le président bolivien : récupérer un peu de popularité et pouvoir ainsi se faire réélire l’an prochain, lui qui brigue un quatrième mandat alors qu’en principe, la Constitution l’interdit. Le chef de l’Etat s’en était défendu, la semaine dernière à l’Assemblée générale des Nations unies, où il avait affirmé vouloir seulement résoudre un conflit territorial centenaire.

Pourtant, tout porte à croire que le président est en pleine opération séduction, avec une gigantesque campagne de communication "Mer pour la Bolivie" dans tous les médias. Evo Morales avait réuni les anciens présidents – qui ne sont pas de son bord politique – pour se préparer au verdict de La Haye.

Du côté du Chili, on estime que le traité international signé en 1904 a tout réglé et qu'il n’y a plus matière à discuter. La Bolivie a perdu 400 kilomètres de côtes, mais bénéficie de facilités douanières dans les ports perdus. Problème résolu. Les autorités chiliennes avaient exprimé à maintes occasions qu'elles ne cèderont pas un seul centimètre carré de leur territoire.

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