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En Australie, les réfugiés ne sont pas aimés

L'Australie mène une politique très restrictive vis-à-vis des réfugiés. Depuis 2012, ils sont interdits d'entrée sur le territoire.  

Article rédigé par franceinfo, Alexis Morel, Caroline Lafargue - lafargue
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des migrants sur un bateau au large de Christmas Island, île australienne, en 2012 (SCOTT FISHER / GETTY IMAGES ASIAPAC)

En Australie, quelle réponse face aux réfugiés ? Depuis 2012, Canberra leur bloque l'accès au pays. Ceux qui arrivent en bateaux sont expulsés des eaux australiennes par la marine, et ceux qui sont passés à travers les mailles du filet ont été placés dans des centres de rétention dans le Pacifique. Cette politique du gouvernement australien suscite la polémique. Ces réfugiés seraient victimes de mauvais traitements. Le Sénat australien vient d'ouvrir une enquête.

En 2012, 2 000 migrants venus entre autres d'Afghanistan, d'Irak, d'Iran ont tenté d'atteindre les eaux australiennes par bateau depuis l'Indonésie. Mais ils sont tombés au mauvais moment. En août 2012, Canberra a décidé de stopper le flux des migrants : aucun réfugié arrivé par bateau ne posera jamais le pied en Australie. Donc ils ont tous été placés en détention dans des centres de rétention à Nauru, une micro-République du Pacifique, et à Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée.

40 à 50% ont obtenu leur statut de réfugiés

Quatre ans après, toutes les demandes d'asiles n'ont pas encore été examinées. Cette politique fait l'objet d'un consensus entre les deux grands partis australiens, mais une minorité de militants et l'ONU la dénoncent régulièrement. Canberra a donc du assouplir les conditions de détention et ouvrir les centres. Depuis plusieurs mois, les migrants peuvent entrer et sortir librement, mais dans les faits, ils sont toujours prisonniers sur leurs îles du Pacifique.

Certains subissent des mauvais traitements

Début août, The Guardian Australia a publié plus de 2 000 rapports d'incidents, les "Nauru Files" : des sortes de mains courantes écrites par des employés du centre et révélées par une source anonyme. Ces rapports détaillent les plaintes des migrants, adultes et enfants, agressés par des gardiens, des Nauruans ou des co-détenus. Voilà pourquoi le ministre australien de l'Immigration, Peter Dutton, a balayé ces rapport et estimé que c'était du "baratin". Selon lui, les migrants veulent se faire passer pour des victimes dans le but d'obtenir, enfin, un visa pour l'Australie.

La commission d'enquête du Sénat australien devra déterminer si il y a eu négligence. Elle a pu être mise en place grâce au vote de l'opposition travailliste, qui soutient toujours la détention offshore des migrants, mais veut faire la lumière sur ces accusations d'abus.

Autre mission de cette commission sénatoriale : elle doit examiner les mesures prises par le gouvernement pour trouver un pays tiers pour accueillir ces 2 000 réfugiés. La Nouvelle-Zélande a proposé de les recevoir, mais Canberra refuse, car une fois devenus citoyens néo-zélandais, ils pourraient automatiquement s'installer en Australie, comme le prévoient les accords migratoires entre les deux pays voisins.

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