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En Afrique du sud, des magasins H&M saccagés après une publicité jugée raciste

La polémique se poursuit après une publicité jugée raciste de la chaîne de magasin H&M, montrant un enfant noir portant un pull avec cette inscription : "Le singe le plus cool de la jungle". En Afrique du Sud, des activistes politiques ont vandalisé des magasins H&M.

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Noé Hochet-BodinfranceinfoRadio France

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Un magasin H&M saccagé à Johannesburg par des membres du groupe Economic freedom fighters (EFF) pour s\'opposer à une publicité jugée raciste de l\'enseigne.
Un magasin H&M saccagé à Johannesburg par des membres du groupe Economic freedom fighters (EFF) pour s'opposer à une publicité jugée raciste de l'enseigne. (WIKUS DE WET / AFP)

Des centaines de membres du parti politique d’opposition EFF (Les combattants de la liberté économique) se sont présentés devant plusieurs magasins de l’enseigne suédoise H&M à Johannesburg, au Cap et à Pretoria en Afrique du Sud, le 13 janvier 2018. Objectif : manifester leur mécontentement après la publicité jugée raciste de la chaîne de magasins. On y voit un enfant noir portant un pull sur lequel est écrit : "Le singe le plus cool de la jungle".

Le parti d’extrême-gauche créé il y a 5 ans est déjà le troisième parti politique sud-africain et plaît principalement aux jeunes du pays. Dans le cadre d’une grande action coup de poing, ils ont vandalisé quatre magasins. À l’intérieur, c’est le chaos. Les vêtements sont déchirés, les mannequins en plastique détruits et les baies vitrées explosées.
La police a même dû tirer des balles en caoutchouc pour disperser les membres de l’EFF. Selon les manifestants, H&M ne serait qu’un début et toutes les enseignes jugées racistes en Afrique du Sud vont subir le même sort.

Des magasins contraints de fermer temporairement

Les grilles des 17 magasins de la chaîne suédoise en Afrique du Sud sont baissées depuis 10 jours. Officiellement pour des raisons de sécurité, pour ne pas risquer de mettre en danger des employés ou des clients, alors qu’aucun d’entre eux n’a été blessé pendant le saccage des magasins. Mais H&M a perdu bien plus que quatre magasins dans cette affaire. Le groupe perdu sa crédibilité en Afrique du Sud. Il doit maintenant se reconstruire une image dans le pays. Après le temps des excuses, est venu le temps de l’action. La marque a contre-attaqué.

Tenter de réparer les pots cassés

H&M va nommer un "Monsieur diversité", officiellement chargé des problématiques interculturelles, pour cette marque qui travaille déjà dans 70 pays. Pour ce qui concerne l’Afrique du Sud, certains craignaient qu’H&M ne quitte le pays. Mais la marque suédoise a au contraire annoncé la création de six nouveaux magasins prochainement. Le groupe ne s’est pas arrêté là. Pour se faire pardonner, il vient d'annoncer qu'il va mettre en place une grande campagne de lutte contre le racisme, en relation avec des agences locales en Afrique du Sud et annonce des collaborations avec plusieurs designers sud-africains.
 

Vives tensions raciales

Toujours est-il que le mal est fait pour les militants antiracisme. Le ton est très rapidement monté. Tout d’abord, c’est le très charismatique leader de l’EFF, Julius Malema, qui a tenu une conférence de presse musclée dans la foulée du saccage des magasins. Il ne pardonnera jamais à H&M. Lui-même a refusé de s’excuser pour les violences commises dans les magasins. "Jamais nous n’accepterons l’humiliation faite aux Noirs", a-t-il déclaré. "Le temps où nous étions effrayés par les Blancs est révolu", a-t-il ajouté.
Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. Le lobby de la minorité blanche, Afriforum, a décidé de poursuivre trois des leaders de l’EFF en justice pour incitation à la violence. Dans cette dangereuse escalade verbale, le dernier coup est venu du porte-parole du parti d’extrême-gauche, comparant ni plus ni moins Afriforum à l’organisation suprématiste du Ku Klux Klan.

Un magasin H&M saccagé à Johannesburg par des membres du groupe Economic freedom fighters (EFF) pour s\'opposer à une publicité jugée raciste de l\'enseigne.
Un magasin H&M saccagé à Johannesburg par des membres du groupe Economic freedom fighters (EFF) pour s'opposer à une publicité jugée raciste de l'enseigne. (WIKUS DE WET / AFP)