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Au Maroc, la construction de la plus haute tour d'Afrique marque les ambitions du royaume dans la région

La tour Mohammed-VI devrait voir le jour d'ici quatre ans. Le projet s'intègre dans une lutte d'influence régionale.

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Le roi du Maroc, Mohammed VI, à Tetouan, le 31 juillet 2018.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, à Tetouan, le 31 juillet 2018. (FADEL SENNA / AFP)

C'est un chantier hors normes qui a commencé à Rabat, au Maroc : celui de la plus haute tour d'Afrique. Prévue pour sortir de terre d'ici quatre ans, elle culminera à 250 mètres de hauteur.

Cette tour Mohammed-VI a été commandée par l'une des grandes banques marocaines, la BMCE. Ses 55 étages devraient abriter des bureaux, un hôtel, des restaurants et un observatoire. D'un montant de plus de 360 millions d'euros, le chantier du bâtiment devrait répondre aux derniers standards d'écoconstruction.

Pour mener à bien ce chantier, un consortium belgo-marocain a été monté. La partie belge a d'ailleurs aussi construit la tour Burj Khalifa de Dubaï, l'actuelle plus haute tour du monde avec 830 mètres.

Concurrence et lutte d'influence

L'architecture, aujourd'hui, sait être le symbole, le reflet de la puissance politique du pays. Cette tour Mohammed-VI est avant tout un message envoyé au continent africain. Rabat est en effet engagé dans une diplomatie très vivace vis-à-vis de l'Afrique. Le royaume a réintégré l'année dernière l'Union africaine, quittée dans les années 70 sur fond de différend avec Alger. Le Maroc veut se poser en grand frère africain, de par sa proximité avec l'Europe. Au niveau des banques, des industries, le royaume est déjà très présent dans l'économie du continent africain.

Le Maroc pratique en quelque sorte la diplomatie économique en Afrique, avec, en toile de fond, la lutte d'influence avec l'Algérie. Rabat multiplie les projets d'envergure régionale et aime cumuler les "premières" en Afrique, que ce soit dans le domaine très stratégique des énergies renouvelables, après avoir lancé la plus grande centrale solaire du continent à Ouarzazate ou encore le méga projet de gazoduc ouest-africain reliant le Nigeria au Maroc signé l'été dernier.

Les édifices portent ainsi le symbole de puissance, associé au souverain chérifien, comme ce fut le cas pour son père et prédécesseur sur le trône. À Casablanca, la mosquée Hassan-II, achevée à grands frais au début des années 90, compte à ce jour le plus grand minaret d'Afrique, avec 210 mètres. Un record en passe d'être volé par l'éternel rival maghrébin : la grande mosquée d'Alger, en cours de construction, prévoit de se doter d'un minaret de... 265 mètres.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, à Tetouan, le 31 juillet 2018.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, à Tetouan, le 31 juillet 2018. (FADEL SENNA / AFP)