COP22 : le Maroc veut montrer l'exemple avec la plus grande centrale solaire au monde

La COP22 débute ce lundi 7 novembre à Marrakech au Maroc. Pendant douze jours, 195 pays vont discuter des mesures à prendre pour mettre en action l'accord de Paris négocié à l'issue de la COP 21. Le Maroc, en bon élève, veut être l'exemple grâce à la construction de la plus grande centrale solaire au monde.

La centrale solaire Noor s\'étend sur 3 000 hectares et permettra à terme d\'alimenter en électricité deux millions de Marocains.
La centrale solaire Noor s'étend sur 3 000 hectares et permettra à terme d'alimenter en électricité deux millions de Marocains. (AFD)

Du 7 au 18 novembre, 195 pays participent à la conférence internationale sur le climat, la COP22, à Marrakech, au Maroc. Les représentants des pays vont se retrouver pour transformer l'essai de l'accord de Paris adopté le 12 décembre dernier. Après le succès diplomatique, il faut passer à l'action et réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Le Maroc veut notamment montrer l'exemple avec la plus grande centrale solaire au monde construite aux portes du désert.

Noor I, premier volet de ce qui est annoncé comme la plus grande centrale solaire thermodynamique du monde. Le reportage d'Anne-Laure Barral
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C'est dans un décor de cinéma, au milieu d'une plaine de roches rouges à 10 km de Ouarzazate, que s’étend la centrale solaire Noor, qui veut dire lumière. Sur une surface de 3 000 hectares, autant que la ville de Pau, sont alignées des rangées de miroirs et au milieu, le générateur de la centrale.

Au milieu de la centrale, la turbine fait fonctionner le générateur qui produit l\'électricité.
Au milieu de la centrale, la turbine fait fonctionner le générateur qui produit l'électricité. (AFD)

"C'est le coeur de la centrale. On a devant nous la turbine qui permet de faire tourner le générateur et derrière il y a la production d'énergie", explique Rachid Bayed, de la société publique Masen qui développe la centrale. C'est avec fierté qu'il fait visiter ce site, dont le but limiter la consommation de charbon et de fioul dont dépend le Maroc.

C'est à peu près la consommation électrique de deux millions d'habitants au Maroc. C'est une très bonne chose pour l'environnementRachid Bayed

La centrale a produit ses premiers kilowatt/heure en février, et en 2018, elle produira un peu plus qu'un réacteur nucléaire.

La centrale solaire fonctionne même la nuit

Si le soleil brille la journée c'est surtout le soir que les besoins en électricité se font sentir. Alors Noor utilise quatre techniques différentes pour garder la chaleur et la transformer en électricité à différents moments : du photovoltaïque pour tout de suite et différents solaires à concentration qui permettront de produire de l’électricité jusqu’à 3h00 du matin.

"On concentre les rayons du soleil sur un liquide caloporteur qui passe au milieu de ces miroirs paraboliques. Ça chauffe, ça monte jusqu'à 393 degrés, et même plus haut, jusqu'à 565 degrés", explique Rachid Bouyed,. "On a un stockage qui peut aller jusqu'à sept heures. On produit le jour et le soir", précise-t-il.

Deux à trois autres centrales solaires dans le futur

Certaines techniques coûtent aujourd'hui plus chères que les prix du marché. Sans les financements étrangers, le projet de deux milliards d'euros n'aurait pas pu se faire. Mais pour les bailleurs de fonds, comme l'Agence française de développement (AFD), ce projet est un pari sur l'avenir.

"Ce type de projet va permettre de réduire les couts de ces technologies et de les rendre plus compétitives pour l’ensemble de la planète", estime Cassilde Brenière de l'AFD.

Le Maroc ne veut donc pas s'arrêter là. Il prévoit de faire encore deux, voire trois autres centrales de ce type ailleurs pour qu'un peu plus de la moitié de son énergie soit d'origine renouvelable d'ici 2030. Aujourd'hui elle est à 66% fossiles. Un pari plus ambitieux que celui de l'Europe qui prévoit elle de n'en faire que 30%.