COP22 : 195 pays réunis à Marrakech pour mettre en action l'accord de Paris

Deux jours après l'entrée en vigueur de l'accord de Paris, négocié à l'issue de la COP21, la nouvelle conférence sur le climat, la COP22, commence lundi à Marrakech au Maroc.

De la fumée s\'élève d\'une usine de Santes, près de Lille, le 22 janvier 2013 (photo d\'illustration).
De la fumée s'élève d'une usine de Santes, près de Lille, le 22 janvier 2013 (photo d'illustration). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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L'accord de Paris sur le climat est entré en vigueur il y a deux jours mais pour l'instant ce n'est qu'une déclaration d'intention. 20 000 représentants de 195 pays se retrouvent donc au centre de convention de Marrakech du 7 au 18 novembre pour poursuivre les discussions et mettre en place les mécanismes qui limiteront les émissions de gaz à effet de serre.

De l'importance des détails

La COP22 fait logiquement suite à la COP21. Ces conférences ont lieu tous les ans depuis 22 ans. Certaines sont décisives comme celle de Paris l'an dernier. D'autres sont plus techniques comme celle de Marrakech.

Si l'accord de Paris a fixé de grandes lignes pour passer vers un développement économique moins polluant, il a laissé les détails de la mise en oeuvre à plus tard. Et pourtant, comme souvent le diable peut se glisser dans les détails. 

"On n'est plus dans la discussion préalable 'qu'est-ce qu'il faut faire ?' mais dans la discussion de 'comment on va faire'. Les détails sont clés parce que c'est cela qui conditionnera la mise en œuvre des politiques climatiques dans tous les pays", explique David Levaï de l'Institut du développement durable et des relations internationales. "Les politiques climatiques ne sont pas des politiques environnementales, ce sont toutes les politiques économiques, de transport, de la ville, de logement, énergétique."  

Jusqu'à quatre degrés d'augmentation

À Marrakech, il va falloir se pencher très sérieusement sur les plans nationaux proposés par 162 pays pour réduire leurs émissions de CO2. Certains n'ont qu'une idée très vague de leur pollution. Il va donc falloir harmoniser ces données, les mesurer de la même façon. Les pays attendent beaucoup des scientifiques pour le faire mais aussi pour mieux connaître les impacts chez eux du changement climatique.

"Même si on arrivait à se limiter à +2 degrés, et c'est encore loin d'être un pari gagné, on aura des régions du monde à +4, voire +5 degrés", alerte Thierry Lebel, de l'Institut de recherche et développement.

Ce chercheur prend l'exemple de la limite pluie-neige qui pourrait remontrer "de 600 à 700 mètres" dans les années à venir. Un changement qui aurait des conséquences très importantes sur l'économie de montagne.

Si dans ce cas, c'est avant tout un problème économique, dans d'autres endroits du globe, les conséquences pourraient être bien pire. "Il faut voir dans la zone intertropicales : l'Afrique, une partie du Brésil et de l'Amérique centrale, et une partie de l'Asie, si vous augmentez la température de deux, trois ou quatre degrés, elles deviennent inhabitables. Vous ne pouvez plus faire d'agriculture, il faut que les gens s'en aillent."

La conférence de Marrakech va donc devoir répondre à plusieurs questions : quel pays est le plus vulnérable? Qui doit être aidé en priorité? Quels secteurs sont les plus polluants et feront le plus baisser leurs émissions de CO2 ? Les réponses pourraient ne pas plaire à tout le monde.