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Thierry Repentin, le "11e ministre en 11 ans"

Nommé aux Affaires européennes il y a un mois, après la démission de Jérôme Cahuzac, remplacé par Bernard Cazeneuve, Thierry Repentin s'est immergé cette semaine dans les dossiers européens, à l'occasion de la session plénière du Parlement européen.
Article rédigé par franceinfo
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Thierry Repentin nommé il y a un mois au Affaires européennes a rencontré ses partenaires, eurodéputés, président du Parlement européen, commissaires, journalistes, maire de l'Eurométropole Strasbourg, siège de l'institution. Dans la lignée de son prédécesseur, il a réaffirmé l'importance accordée par la France à sa fonction et à ses missions.

La valse des ministres français délégués aux Affaires européennes fait sourire depuis longtemps sur la scène européenne. Si on a d'abord ironisé sur le peu de considération porté par la France à ces questions, aujourd'hui on souligne surtout le précieux tremplin que constitue l'exercice de ces fonctions... Et de citer Michel Barnier, Pierre Moscovici, Jean-Pierre Jouyet, Laurent Wauquiez, ou Bernard Cazeneuve, parti moins d'un an après son arrivée, malgré ses promesses d'y rester.

Spécialiste du Logement et de la Formation professionnelle

Savoyard, comme le Commissaire européen Michel Barnier, proche de François Hollande, sénateur de 2004 (élu benjamin) à 2012, Thierry Repentin est le spécialiste du Logement et de l'Habitat social au Parti socialiste. Mais c'est comme ministre délégué à la Formation professionnelle et à l'Apprentissage qu'il fait son entrée au gouvernement Ayrault, au lendemain des législatives. Le 19 mars, après la démission de Jérôme Cahuzac, il remplace Bernard Cazeneuve aux Affaires européennes, comme 11e titulaire à ce poste en 11 ans.

Thierry Repentin n'est pas un novice en matière européenne . Après ses études de sciences politiques, il a démarré sa carrière par une étape à la direction générale de la Politique régionale de la
Commission européenne, puis comme collaborateur du député européen Jean-Pierre Cot, ancien président du groupe socialiste au Parlement européen, aujourd'hui juge au Tribunal international du droit de la mer à Hambourg.

Nommé en pleine crise chypriote, le nouveau ministre aux Affaires européennes a réservé sa première visite à l'Allemagne , comme le veut la tradition. Au Parlement européen cette semaine, il s'est concentré sur l'Union bancaire et la lutte contre l'évasion fiscale. Il a réaffirmé l'attachement de la France à l'amitié franco-allemande, garante de paix depuis plus de 60 ans, et à Strasbourg, siège de l'institution, face aux offensives régulières des partisans d'un regroupement sur Bruxelles. 

"L'Europe est un bouclier, un levier pour l'avenir"

A un an des élections européennes, il dit sa volonté d'expliquer l'Europe, de manière pragmatique et pédagogique. Cette Europe, dont on ne parle qu'à travers les crises et qui fait si souvent office de bouc émissaire, "apporte des solutions. Elle n'est pas un obstacle, mais un bouclier, un levier pour l'avenir", insiste le ministre.

Thierry Repentin compte bien s'appuyer sur son expérience dans ses deux domaines de prédilections, le logement social et l'apprentissage professionnel, pour associer les classes moyennes et les classes populaires à l'élan collectif.

Or ce n'est pas la direction prise par l'Union, obsédée par la rigueur et dominée par les politiques de droite. La France et son nouveau ministre aux Affaires européennes parviendront-ils à l'infléchir?

"Il est trop bon pour rester", commentait cette semaine, sourire aux lèvres, l'eurodéputé UMP Jean-Paul Gauzès, spécialiste de la crise et des questions financières au sein du Parti populaire européen.

 

 

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