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En direct de l'Europe. Glyphosate : l'UE veut rendre les autorisations de pesticides plus transparentes

En réautorisant le glyphosate pour cinq ans en décembre dernier, la Commission européenne avait aussi promis plus de transparence dans les procédures d'homologation des pesticides.

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\"Glyphosate, non merci\", manifestation de baigneurs-militants dans le lac d\'Oranke à Berlin le 18 janvier.
"Glyphosate, non merci", manifestation de baigneurs-militants dans le lac d'Oranke à Berlin le 18 janvier. (MAURIZIO GAMBARINI / MAXPPP)

La Commission européenne a tiré les "enseignements" du débat sur le glyphosate. Elle a présenté ses propositions cette semaine, au moment où le Parlement européen commençait son travail d'enquête. Trois ministres français ont salué ce jeudi les propositions de Bruxelles pour une plus grande transparence dans les processus d'évaluation et d'autorisation des pesticides: Stéphane Travert, en charge de l'Agriculture, Nathalie Loiseau pour les Affaires européennes et Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique.

A en croire Bruxelles, Monsanto pourra toujours tenter de faire pression pour faire homologuer le glyphosate, après cette réforme, les autorisations seront délivrées en toute objectivité, les études scientifiques réellement indépendantes et les citoyens y auront un accès immédiat, a promis le commissaire européen à la Santé Vytenis Andriukaitis.

Cela nécessitera encore quelques efforts

"Les autorités françaises continueront de défendre des progrès supplémentaires afin de renforcer la lutte contre les conflits d'intérêts (...) et améliorer les procédures en cas d'incertitudes scientifiques", souligne Paris, qui a annoncé une interdiction du glyphosate dans les trois ans (alors que l'UE vient de l'autoriser pour cinq années supplémentaires), mais n'exclut pas une dérogation. "D'autres mesures devront être mises en place pour renforcer l'indépendance de l'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments".

Une commission spéciale pour les autorisations de pesticides en Europe

Et c'est bien l'avis aussi du Parlement européen, qui a mis en place une commission spéciale sur le système d’autorisation des pesticides en Europe (PEST). Elle a commencé son travail d'enquête ce jeudi à Bruxelles, en auditionnant, en plus de la Commission, le directeur exécutif de l'EFSA, le Dr Bernhard Url. Une réunion qualifiée de "très fructueuse" des deux côtés.

Pas sûr que Monsanto, accusé d'avoir influencé la décision en organisant la désinformation autour du glyphosate, se montrera aussi coopératif. Le géant américain a bien sûr été invité à s'expliquer. Les eurodéputés vont poursuivre leur enquête au siège de l'EFSA à Parme. Ils entendront les experts des Etats membres, dès la fin du mois, de la Suède, du Royaume-Uni et  la France. Les conclusions de l'enquête seront rendues en décembre.

62 millions d'euros, le prix de l'indépendance

Par ailleurs la Commission propose de débloquer plus de 62 millions d'euros pour donner à l'Agence les moyens de travailler plus efficacement (soit une augmentation de 75% de son budget). C'est le prix de l'indépendance et de la transparence. De la confiance à rétablir avec les citoyens. Plus d'un million de personnes avaient signé l'Initiative citoyenne européenne contre le glyphosate, pétition officiellement reconnue par l'UE, lorsque Bruxelles a accordé la nouvelle licence pour cinq ans en décembre dernier.

Le sujet est complexe

Il concerne aussi bien les conflits d'intérêts que les aspects scientifiques, le problème des cocktails de pesticides et leurs effets, même à petite dose, sur notre santé. "Notre défi, a souligné le président de la Commission PEST, le social-démocrate français Eric Andrieu, c'est de proposer aux citoyens l'engagement que ce qu'ils vont consommer, l'air qu'ils vont respirer, l'eau qu'ils vont boire, seront bientôt libres de tout pesticide".

\"Glyphosate, non merci\", manifestation de baigneurs-militants dans le lac d\'Oranke à Berlin le 18 janvier.
"Glyphosate, non merci", manifestation de baigneurs-militants dans le lac d'Oranke à Berlin le 18 janvier. (MAURIZIO GAMBARINI / MAXPPP)