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En direct de l'Europe. Deux jeunes yézidies rescapées de l'EI reçoivent le prix Sakharov

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Elles partagent la même histoire, douloureuse et tragique : Nadia Murad et Lamiya Haji Bachar, deux jeunes Irakiennes de la communauté yézidie qui ont réussi à échapper à l'enfer et aux persécutions du groupe Etat islamique.

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Radio France
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Nadia Murad et Lamiya Haji Bachar, lauréates du Prix Sakharov 2016 du Parlement européen (PATRICK SEEGER / EPA)

Nadia Murad et Lamiya Haji Bachar se sont vu remettre cette semaine à Strasbourg le prix Sakharov 2016 du Parlement européen pour la liberté de l'esprit. Doté de 50.000 euros, il soutient leur combat contre la traite des êtres humains et les droits des Yézidis, pratiquants d'une religion préchrétienne, persécutés par Daech. 

Nadia Murad a 23 ans, Lamiya Haji Bachar en a seulement 18

Mais dans leurs yeux se lit la douleur du massacre perpétré en 2014 dans leur village de Kocho, près de Sinjar, dans le nord de l'Irak, du meurtre de leurs proches et de leur enlèvement par le groupe Etat islamique. Ont suivi l'enfermement, la torture, les viols, la traite, l'esclavage sexuel. Un enfer auxquel toutes deux ont finalement réussi à échapper, même si Lamiya Haji Bachar portera toujours sur son visage les stigmates de l'explosion d'une mine lors de sa fuite.

Parce qu'elle ont eu "la force de survivre, le courage de témoigner et de se battre", comme l'a souligné le président du Parlement européen Martin Schulz, elles sont devenues les porte-paroles de la communauté yézidie, minorité kurdophone, persécutée par les jihadistes.

Daech souhaitait prendre notre honneur, mais ils ont perdu leur honneur et vous, vous nous avez rendu le nôtre

Les deux lauréates, Nadia Murad et Lamiya Haji Bachar ont ainsi remercié le Parlement européen. Elles avaient revêtu des coiffes traditionnelles pour la remise du prix et n'ont pas pu retenir leurs larmes dans l'hémicycle. Lamiya Haji Bachar était accompagnée par son petit frère, qu'elle avait retrouvé la veille seulement.

Elle ont exhorté l'Europe, "symbole d'humanité", à ne plus laisser commettre de tels crimes

"Il ne suffit pas de vaincre l'EI militairement ; il faut aussi traduire les responsables de Daech devant la Cour pénale internationale" a insisté Nadia Murad, soulignant que "3.500 femmes yézidies" restent prisonnières de ce groupe jihadiste. 

Les deux jeunes femmes ont exprimé l'espoir que le prix Sakharov "pour la liberté de l'esprit", doté de 50.000 euros, aide à changer la perception des réfugiés auprès des citoyens européens, "que les réfugiés soient mieux tolérés".

Les persécutions des Yézidis, "un génocide"

Nommée mi-septembre ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains, Nadia Murad milite pour que les persécutions commises en 2014 contre les Yézidis soient considérées comme un génocide. Elle est également lauréate du prix Vaclav Havel du Conseil de l'Europe, doté de 60.000 euros.

Les deux jeunes femmes vivent aujourd'hui réfugiées en Allemagne, qu'elles ont remerciée de tout coeur pour l'accueil réservé à de nombreux Yézidis. C'est en Allemagne également qu'a pu se réfugier le journaliste et opposant turc Can Dündar, l'un des deux autres finalistes de ce prix Sakharov 2016 (avec Mustafa Djemilev, président de l'Assemblée des Tatars de Crimée).

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