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Rythmes scolaires : la journée marathon d'un élève de CE2 à Castellane

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Les rythmes scolaires, la scolarisation des enfants de deux ans, la lutte contre l'échec dès le primaire, le lien entre le CM2 et la sixième, l'école numérique... A la veille de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de Vincent Peillon destiné à "refonder l'école", une loi phare du quinquennat, coup de projecteur cette semaine sur la vie dans les écoles rurales des Alpes de Haute-Provence. Certaines expérimentent déjà différents aspects de cette réforme.
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Radio France
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Avec cette réforme, s'il y a école
le mercredi matin, les journées de classe seront un peu plus courtes. Le but
est de concentrer les heures de classe sur les matinées, lorsque les enfants
sont plus attentifs.

La maman d'Horace, par ailleurs
enseignante dans les Alpes-maritimes, aimerait bien que le mairie de Castellane
organise des activités sportives ou artistiques dès la fin des cours, vers
15h45, comme le souhaite le ministre de l'Education Vincent Peillon.

Mais elle n'y croit pas. Pas sûr en effet que le maire de Castellane ait les
moyens et la volonté de recruter des animateurs dès le milieu de l'après-midi.
Pour elle, "cette réforme, ce n'est pas la révolution."

D'ailleurs, le maire de Castellane,
Jean-Pierre Terrien, sans étiquette politique, n'a pas pris de décision
concernant cette réforme des rythmes scolaires. Pourtant, les activités ne
manquent pas dans ce bourg touristique situé juste au dessus des gorges du
Verdon : kayak, tir à l'arc, ping-pong, piano...

Mais cet élu est également le
directeur de l'école primaire, il sait bien que les enseignants ne sont pas
enchantés par ce décret. Certains habitent loin. La directrice de l'école
maternelle, Amandine Morello, membre du syndicat des enseignants UNSA, dort
même au collège certaines nuits pour éviter la route et ses virages.
A l'école, elle ne compte pas ses heures, mais elle doute de l'intérêt de cette
réforme pour les enfants qui sont de toute façon obligés d'attendre le bus le
soir à 17 heures. Pour elle, "cette réforme ne va pas assez loin. S'il
est vrai que les élèves sont plus attentifs le matin, il aurait fallu que les
journées soient encore plus courtes",
explique-t-elle.

Surtout qu'à Castellane, les élèves et leurs enseignants venaient déjà le
mercredi matin avant la réforme de 2008. "Le vendredi, les enfants
étaient beaucoup moins disponibles que le reste de la semaine",
témoigne-t-elle.

Le conseil municipal devrait se
réunir en février pour décider si les enfants auront école le mercredi dès
l'année prochaine. En attendant, ce soir, Horace ira à la garderie après
l'école, puis il prendra le bus. Il n'arrive jamais chez lui avant 18h. 

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