Cinq jours à la une, France info

Chine : hausse de l'obésité chez les jeunes

La politique de l'enfant unique est de plus en plus contestée en Chine. Elle est notamment responsable – en partie – de la hausse de l'obésité. Car chérir son seul enfant, c'est aussi le gaver de nourriture. Pour faire maigrir ces "petits empereurs", des centres d'amaigrissement ont ouverts leurs portes.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(©)

C'est l'heure du cours de Pilates, à l'institut Yidong de Pékin. Une vingtaine d'élèves, entre 18 et 23 ans, s'allongent sur les tapis de gym. Tous sont en surpoids. Ce centre d'amaigrissement cible les jeunes, mais il n'a rien d'une colonie de vacances. Ici, on vient perdre 10, 20, 30 kilos, voire même plus : tout dépend de la durée du stage, entre 3 et 6 semaines. Les volontaires sont soumis à un régime drastique et à 4 heures et demi de sport par jour.

"On frappe à leur porte à 7h du matin, pour les emmener à la cantine, explique Yang Tao, le directeur du centre. Ensuite, entre 9h et 11h, on a trois sessions d'exercice. Pour commencer, on fait des étirements. De la course sur tapis, puis de la musculation ."

Yang Tao, un ancien prof de sport, a créé l'institut Yidong il y a 3 ans. Le déclic, il l'a eu en allant chercher sa fille à l'école. Il a alors découvert que beaucoup de ses camarades de classe étaient en surpoids. A l'échelle du pays, un enfant sur cinq est concerné.

Depuis toujours en Chine, un gros bébé est un bébé en bonne santé. Mais avec la politique de l'enfant unique, les rondeurs ont pris des proportions inquiétantes. Les "petits empereurs" sont souvent gavés de nourriture, et certains gardent cette habitude en grandissant.

"Je mange tout ce que j'aime"

C'est le cas de Peng, qui descend de son tapis de course, essoufflée. Cette petite brune de 18 ans mesure 1m50. Elle pesait 70 kilos en arrivant ici la semaine dernière. Elle entrait alors dans la catégorie obésité modérée :

"Maintenant je pèse 67 kg , annonce-t-elle fièrement. Je suis fille unique, et mes parents ne contrôlent pas ce que je mange. Je mange à volonté, vraiment beaucoup parfois. Je mange tout ce que j'aime, en particulier la viande, et tout ce qui est gras. "

La Chine compte 120 millions d'obèses. Le phénomène est récent... et il s'aggrave. La faute, selon Yang Tao, à l'augmentation du niveau de vie et à l'implantation massive de fast-food : "On a constaté que plus les parents sont riches, plus il y a de chance que les enfants soient obèses. Ils ont toujours de l'argent de poche, 10 à 20 euros par mois. Ils peuvent donc s'acheter à manger en dehors de l'école ".

Plus de 600 euros pour un stage de trois semaines

Les centres d'amaigrissement s'adressent donc à ces familles aisées. Elles sont prêtes à débourser plus de 600 euros pour un stage de trois semaines. Flairant la bonne affaire, de plus en plus d'entrepreneurs se lancent dans le secteur.

C'est ce que déplore Yang Tao : "Actuellement, sur le marché,  il y a peu de centres professionnels. La plupart sont en fait de simples clubs de sport. Ils manquent de discipline dans la gestion des élèves. Pour avoir des résultats, il faut travailler sur 3 axes : le sport, la nourriture, et l'hygiène de vie. Et il faut gérer ces enfants. Ils n'écoutent rien et refusent souvent de coopérer ."

D'ailleurs, même l'institut Yidong enregistre des défections. Un tiers des élèves craquent et claquent la porte avant la fin de leur stage.

(©)