"Azuro", "Retour à Reims" et "Icare", nos choix de la semaine

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Pour son premier film "Azuro", le réalisateur Matthieu Rozé adapte "Les Petits Chevaux de Tarquinia" de Marguerite Duras.

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"Azuro", premier long métrage de Matthieu Rozé, d'après le roman de Marguerite Duras, "Les Petits Chevaux de Tarquinia". (TABO TABO FILMS - COMIC STRIP PR / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)

Un groupe de vacanciers français passe son été sous l'écrasant soleil italien, au bord de la mer. On y nage, on bronze, et globalement on s'ennuie beaucoup ; pas mal de Campari dans les verres, et de l'eau dans le gaz entre les couples. Mais l'arrivée d'un bel inconnu, en bateau, va bouleverser tout cela, et questionner le désir ou la fidélité.  

"Moi mon envie, c'était de travailler avec ces comédiens et ces comédiennes. Je n'avais pas du tout envie de constituer un groupe 'parfait'. J'avais envie de m'attacher à l'histoire, mais surtout aux dialogues, donc je les ai un peu retravaillés", précise Matthieu Rozé.

"J'ai gardé au maximum les dialogues de Duras, en demandant aux acteurs d'être le plus précis possible. Et c'est ça qui était drôle pour eux, être dans un cadre, mais s'amuser sans être justement trop littéraires, sans avoir forcément cette musicalité durassienne, d'être très naturels, je leur disais en permanence : rien n'est grave."

Matthieu Rozé, réalisateur

à franceinfo

Connu surtout comme acteur, Matthieu Rozé, pour son premier long métrage comme réalisateur, adapte donc Les Petits Chevaux de Tarquinia de Marguerite Duras, en gardant l'essentiel du texte, bien aidé par des comédiens à l'aise avec ce côté un peu décalé, comme Valérie Donzelli ou Florence Loiret-Caille. Et si Azuro aurait pu aller encore plus loin dans l'étrangeté ou le subversif, à l'image de l'œuvre originale, le film est agréable, bien aidé aussi par l'image, les couleurs, ou la musique de Kid Francescoli.  

L'évolution du vote des classes ouvrières  

Une autre adaptation, cette fois en documentaire, d'un livre, celui du philosophe et sociologue Didier Éribon. Retour à Reims, réalisé par Jean-Gabriel Périot, s'intéresse à près de 100 ans de vie des classes populaires en France, et aux thématiques transversales du logement, du rapport entre communautés, de la condition des femmes aussi, grâce à de nombreuses archives de télévision ou de cinéma, dialoguant avec le texte de l'ouvrage, lu par la comédienne Adèle Haenel.  

"L'histoire personnelle de Didier, explique Jean-Gabriel Périotc'est un exemple, de vie de gens de la classe ouvrière : sa mère est femme de ménage, ensuite elle va travailler à l'usine, son père est à l'usine, ils habitent à Reims, donc il y a tout un contexte, mais il n'empêche qu'il y a du commun avec cette histoire-là et d'autres vies particulières, et ramener des archives permettait de ramener d'autres expériences. Certaines sont clairement proches, et parfois il y a des différences, et malgré ces différences, il y a donc du commun.

Donc il ne s'agissait pas pour moi d'illustrer le texte, comme si par exemple je l'avais fait sous forme de fiction, donc raconter strictement l'histoire de la famille de Didier, là justement on peut 'ouvrir' totalement leur histoire."  

Retour à Reims évoque aussi, dans presque toute sa deuxième moitié, l'évolution du vote de ces classes populaires et ouvrières, grossièrement du communisme au socialisme vers l'extrême droite ou l'abstention, avec également des images de manifestations de Gilets jaunes, perçues comme une continuité de certaines luttes.

Icare de Carlo Vogele

Enfin, parmi les autres sorties de la semaine à vous conseiller, le film d'animation Icare du réalisateur luxembourgeois Carlo Vogele, qui prend de légères libertés avec la mythologie pour nous raconter l'amitié du garçon ayant voulu voler jusqu'au soleil et fils du célèbre inventeur Dédale, avec Minos, enfant à tête de taureau et fils du redoutable Minotaure, avec un trait de dessin fin et très joli, et surtout de magnifiques décors pour représenter la Crète antique, avec les voix de Camille Cottin, Féodor Atkine et Niels Schneider.        

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