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Chroniques du ciel. Ben Smith s'installe dans le poste de pilotage

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Un mois après sa nomination, le canadien Ben Smith, premier patron étranger à la tête d’Air France-KLM, prend officiellement ses fonctions demain lundi 17 septembre.

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Benjamin Smith, à l'époque président d'Air Canada, le 7 décembre 2016.  (HO / AIR CANADA)

Le canadien Ben Smith, le nouveau patron d'Air France-KLM prend les commandes de la compagnie demain lundi 17 septembre. Il arrive en terrain miné. Avant de définir une stratégie pour le groupe, il va devoir apaiser les tensions sociales, savoir qui il doit garder, et régler l’épineuse question des augmentations de salaires.

L’équation n’est pas simple

Ben Smith a sans doute déjà à l’esprit qu’il y aura des élections professionnelles au printemps prochain, et en qu’en décembre, le SNPL, le syndicat national des pilotes de ligne, renouvellera ses instances. S’il accepte un accord à 5%, réclamé par les syndicats de pilotes, il prend le risque de faciliter la reconduction de l’actuel exécutif du SNPL, dirigé par le très décrié, le très rigide Philippe Evain.

Si ce scénario se dessine, les chances de repartir sur des bases saines et un véritable projet d’entreprise sont quasiment nulles. À contrario, s’il ne lâche rien, ou pas grand-chose, il va cristalliser encore un peu les tensions au sein de la compagnie. D’autant, que son salaire multiplié par trois par rapport à ses prédécesseurs, et son parachute doré passent difficilement auprès des salariés, même si disons-le clairement, ils sont dans la norme des autres patrons de grandes compagnies.

Air France, une entreprise privée

Une fois réglée, cette épineuse question, et à la condition de ne pas s’acharner sur les pilotes, Ben Smith devra aussi faire comprendre à l’État, qu’Air France est une entreprise privée et qu’un désengagement total de ce dernier serait sans doute une excellente décision.

Ce n’est qu’à partir de ce moment précis, c’est-à-dire pas tout de suite, que Ben Smith pourra se pencher sur des sujets plus stratégiques, comme l’intérêt de JOON, les pertes abyssales et la restructuration de HOP, et plus généralement, le modèle économique des grandes compagnies majors, qui font à la fois, du court, du moyen et du long courrier autour d’une politique de hub. Pourtant, il y a urgence, face à la montée des prix du pétrole, Air France ne résistera pas à un nouveau retournement de cycle.

Ben Smith sera-t-il l’homme providentiel pour sauver Air France ?

Difficile aujourd’hui de répondre cette question, car il est peu connu dans le transport aérien français et surtout il n’a pas les réponses qu’apportera le gouvernement aux Assises du transport aérien.

Après six mois de débats et réunions multiples, il est censé prendre des mesures pour améliorer la compétitivité du pavillon français. Mais aujourd’hui, les professionnels du secteur sont inquiets et craignent que la montagne n’accouche d’une minuscule souris. Ils le feront d’ailleurs savoir lors d’un forum organisé au salon Top Résa à Paris.    

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