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Chronique du ciel. La genèse du Rafale

Au terme de plusieurs années de rudes négociations entre Paris et New Delhi, le gouvernement indien a approuvé mercredi soir l'achat à la France de 36 avions de combat Rafale du groupe Dassault. Avec un montant proche de 8 milliards d’euros selon la presse indienne, ce contrat signé ce vendredi à New Delhi constitue ni plus ni moins une des plus grosses commandes à l'exportation pour l'avion de combat français. Retour sur le programme.

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Un avion Rafale décolle de la base de Solenzara, en Méditerranée, le 17 mars 2016.
Un avion Rafale décolle de la base de Solenzara, en Méditerranée, le 17 mars 2016. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Ce qui fait du Rafale un avion de chasse hors norme

Le Rafale est né au début des années 1980 d’une volonté presque européenne, ça pourrait faire sourire de trouver un successeur à deux avions : d’un côté, le Mirage 2000 utilisé par les Français, de l’autre, le Tornado, l’avion britannique, utilisé par les Anglais, les Italiens et les Allemands.

Sauf que personne ne voulait le même avion. Les Français souhaitaient un appareil très polyvalent, un avion tout en un, pour remplacer, à la fois le Jaguar, le Super Etendard, le Crusader et les Mirage. Anglais, Italiens, Allemands, voulaient un avion plus spécifique dans ses missions.

A l’époque, Dassault  fut désigné comme maître d’œuvre de la cellule. En contrepartie, les Britanniques exigèrent que le futur chasseur soit équipé de moteurs Rolls-Royce. Echec des négociations. Finalement, chacun est reparti avec son projet sous les bras. Dassault, Thomson, devenu Thales et Snecma avec le Rafale, les britanniques de BEA Systems, les italiens de Fin-me-ccanica,  les Allemands et les Espagnols d’EADS avec l’Eurofighter.

Officiellement, le programme Rafale a été lancé le 21 avril 1988

Le premier vol a eu lieu le 19 mai 1991. Initialement, l’Etat Français avait estimé ses besoins à 320 appareils. Mais après la fin de la guerre froide, et face à de nouvelles contraintes budgétaires, il reverra ses ambitions à la baisse. S’en suivra une longue polémique sur les coûts du programme.

Technologiquement parlant, le Rafale est ce qui se fait de mieux en matière d’avion de chasse de 5e génération. C’est une sorte de couteau suisse, ultra polyvalent, capable de remplir toutes les missions auparavant dévolues à plusieurs avions : défense aérienne, reconnaissance, attaque air-sol, air-mer ou missions nucléaires.

Lorsque l’on monte dans un Rafale, des écrans, et un mini manche sur lequel est regroupé la quasi-totalité des systèmes d’armes de l’avion. Un peu comme un jeu électronique.

Un avion de combat simple à piloter

L’avion est à aile delta et plan canard. Et comme tous les avions de chasse, c’est un appareil instable, qui se stabilise grâce aux commandes électriques de vol, ou plutôt aux commandes numériques de vol. Pour faire simple, chaque action sur le manche se traduit par une impulsion électrique envoyée aux commandes de l’avion. Ce qui fait que le Rafale parait très simple à piloter. Car ce qui compte pour son pilote, c’est la mission.

Il faut environ 24 mois pour fabriquer un exemplaire de Rafale. Près de 7 000 personnes dépendent du programme Rafale, Dassault pour la maîtrise d’œuvre, Thales pour l’électronique et Safran pour les moteurs. Un peu plus de 500 sous-traitants participent également au programme dans toute la France.

 

 

Un avion Rafale décolle de la base de Solenzara, en Méditerranée, le 17 mars 2016.
Un avion Rafale décolle de la base de Solenzara, en Méditerranée, le 17 mars 2016. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)