Ça nous marque. "Nous sommes en mesure de concurrencer l’horlogerie suisse" : Isabelle Couturet, Seiko France

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La marque Seiko célèbre ses 140 ans. Olivier de Lagarde reçoit la présidente de Seiko France, Isabelle Couturet. 

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En février 2012, Susumu Kawanishi, président des montres Seiko, à Mumbai en Inde. La marque lançait une collection exclusive de montres de luxe.  (GETTY IMAGES / THE INDIA TODAY GROUP)

C’est l’une des premières marques d’horlogerie au monde. Présente sur les cinq continents, Seiko compte 12 000 salariés et vend en France 70 000 montres par an. 

Lorsque le japon ne mesurait pas le temps en minutes…  

C’est en 1881 que naît Seiko. Son fondateur, Kintaro Hatori, est un jeune homme qui avait ouvert une échoppe de réparation d’horloges et qui va se mettre à en fabriquer. Nous sommes au début de l’Ère Meiji, époque qui reste celle de l’ouverture du Japon au reste du monde.

L’horlogerie est un secteur pour l’heure extrêmement modeste, puisque le pays vient seulement de se mettre à l’heure solaire ; jusque-là, les Japonais utilisaient un calendrier et une mesure du temps totalement différents.

"C’est ce qui explique ce retard que l’on pense dû à un retard technologique, mais ce n’est absolument pas le cas. À partir du moment où l’on se met en quête d’avoir des appareils de mesure du temps, nécessaires pour une compétitivité industrielle, Kintaro Hatori va visiter et s’inspirer des différents pays de tradition horlogère. Il retiendra, comme modèle, la qualité suisse et les modes de production américains." 

Résilience et innovation  

L’histoire de Seiko n’est pas un long fleuve tranquille. Lors de la guerre russo-japonaise de 1905, l’entreprise est d’abord  transformée en usine d’armement. Le 1er septembre 1923, elle est entièrement rasée par le grand tremblement de terre de Tokyo. Reconstruite, elle est à nouveau réduite à néant pas les bombardements de la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’entreprise se relève parce que Kintaro Hatori ne renonce jamais, raconte Isabelle Couturet, et elle continuera à innover et à se remettre en cause.

L’inventeur de la montre à quartz

C’est une innovation qui va révolutionner l’horlogerie. Le jour de Noël 1969, Seiko met en vente la première montre à quartz. À l’époque, elle coûte aussi cher qu’une voiture mais très vite les prix vont baisser, et le tsunami va être planétaire. Son premier atout, c’est la précision, qui renvoie les montres mécaniques au statut de vieilles breloques. Le deuxième atout, c’est que désormais on n’aura plus besoin de remonter sa montre. La pile d’une montre à quartz dure des mois, parfois des années.

Une deuxième innovation va achever de faire de Seiko un géant de l’horlogerie mondiale, lorsqu’en 1973 les ingénieurs japonais mettent au point l’affichage par cristaux liquides. Adieu les aiguilles : les montres seront désormais numériques. Mais les modes passent, et avec le temps les aiguilles reviennent.

On revient aujourd’hui à des montres automatiques de grande qualité et de très belle facture en mesure de concurrencer l’horlogerie internationale et suisse.

Isabelle Couturet, présidente de Seiko France

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