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Lanceurs d'alerte, le 5e pouvoir

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Wikileaks, Mediator, ou encore Panama Papers… des affaires sorties par des lanceurs d’alerte. Des héros, considérés par certains comme des traîtres. Le Conseil d’État a rendu public un rapport. Le but: les protéger.
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Radio France
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  (L'avis de recherche de Julien Assange, fondateur du site web lanceur d'alerte WikiLeaks. © Maxppp)

Il faut sauver le soldat Alerte. Et ce n’est pas une mince affaire. Installé dans la salle dite de l’Intérieur, trois membres du Conseil d’Etat accueillent la presse. Des sages, plein de bonnes intentions.

"Il existe déjà six lois sur l’alerte éthique, dans notre pays. Et d’ailleurs toutes sont associées à des scandales. La loi médiator, la loi Cahuzac… " démarre le vice-président du Conseil d’État. Un homme nommé Jean-Marc… Sauvé… ça ne s’invente pas.

Va-t-il sauver, les lanceurs d’alerte, ces héros d’un jour, qui se retrouvent bien souvent en grande difficulté ?

"Oui, il y a des trous noirs, dans le dispositif existant" , affirme Monsieur Sauvé. "Nous proposons donc une solution graduée… plusieurs étapes à passer, pour le lanceur d’alerte"

Aïe,aïe, aïe, notre soldat, qu’il faut "sauver"… va devoir engager d’abord, un parcours du combattant

Pas gagné

Le Conseil d’Etat suggère que notre héros s’adresse en premier à une personne de son entreprise ou de son administration, qui aura été désigné pour recueillir les alertes.

J'imagine assez mal une brave assistante sociale, aller dénoncer, son supérieur hiérarchique, pris par exemple la main dans l’sac !

J’imagine encore moins, un salarié allé révéler les pratiques douteuses de son patron.

 "Oui, cela pose souvent des problèmes dans les entreprises… surtout, dans les TPE, Très petites entreprises  ", déclare alors une conseillère d’Etat.

 "Nous avons prévu d’encourager la mise en place de dispositifs "

Encourager, c’est bien. Forcer, c’est mieux

Quel patron va s’embêter à mettre en place un système, qui, à terme, pourrait faire du mal à sa boite ? Ne serait-ce qu’à sa réputation

Le vice-président du Conseil d’Etat, Monsieur Sauvé… reprend alors la parole

"Si l’alerte en interne, n’est pas possible, il faudra passer à la phase supérieure : la divulgation au public… ça peut se faire, avec la presse"

Notre soldat est-il, pour autant, en voie d’être sauvé ?

Représailles

Tout lanceur d’alerte s’expose à des mesures de représailles. Un grand classique. Y'a qu’à voir le sort réservé à l’américain Edouard Snowden, qui espère bien atterrir en France un de ces jours. Ou à Julian Assange…refugié dans une ambassade.Ça donne pas très envie de se lancer dans une carrière d’homme courageux. Il faut donc, dit le Conseil d’Etat, protéger, le soldat alerte, en urgence. Le juge, pourra donc imposer à une administration, de ré-intégrer un lanceur d’alerte qui aurait été licencié. Et les patrons qui harcèleraient nos héros à coup de procès en diffamation, écoperaient d’amendes. Dans ma tête : j’imagine surtout, notre soldat Alerte, en perdition morale, car isolé dans son travail… abandonné… ruiné…

Le 5e pouvoir

Héros d’un jour, en grande difficulté le lendemain.

"Nous avons pensé au Défenseur des Droits "…lance alors, Jean-Marc Sauvé. Aïe,aïe, aïe. Le Défenseur des Droits, déjà très débordé.

Comment sauver ce soldat Alerte ?

C’est en fait, toute une culture du courage, à travailler. Mais aussi bien sûr : tout un dosage à trouver, entre le bel héroïsme du citoyen du monde… et la perversion égoïste du petit délateur.

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