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Travailler dix heures par jour et plus augmente de 33% les risques d'AVC, selon une étude

L'étude menée sur 200 000 personnes montre que le risque d'accident vasculaire cérébral augmente de 33% en cas de temps de travail prolongé.

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Un neurologue visionne une image de l\'irrigation d\'un cerveau pendant une opération contre un AVC au CHU Kremlin-Bicètre à Paris, le 22 octobre 2018.
Un neurologue visionne une image de l'irrigation d'un cerveau pendant une opération contre un AVC au CHU Kremlin-Bicètre à Paris, le 22 octobre 2018. (MAXPPP)

Attention à ne pas abuser des heures supplémentaires. Une étude médicale menée par une douzaine de chercheurs français montre que le risque d'accident vasculaire cérébral augmente nettement quand on travaille trop. Les résultats ont surpris les chercheurs eux-mêmes, dirigés dans cette étude menée par une équipe française de l’hôpital Raymond-Poincaré AP-HP, de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, de l’université Paris-Saclay et de l’Inserm, en collaboration avec des équipes américaines, européennes et japonaises.

Ce travail scientifique porte sur une cohorte impressionnante de 200 000 personnes représentatives de tous les Français. Elle conclue clairement que trop travailler fait en effet courir un risque d'AVC plus important. Plus exactement, travailler plus de 50 heures par semaine pendant au moins 50 jours par an, c'est-à-dire un peu plus de deux mois seulement, expose à un risque d'AVC supérieur de 29% par rapport à des travailleurs plus raisonnables. Les bourreaux de travail qui tirent sur la corde pendant dix ans ont, eux, un risque plus élevé de 45%.

Les moins de 50 ans les plus exposés

A noter que les hommes et les femmes sont exactement sur le même pied d'égalité face à ce risque. En revanche, les jeunes sont plus exposés car, étonnamment, le risque d'AVC est plus important avant 50 ans.

Alexis Descatha, qui a conduit cette étude, explique qu'entre 20 et 50 ans, les personnes qui travaillent trop ont aussi tendance à modifier leurs comportements alimentaires, à faire moins d'exercice physique, et à consommer parfois plus de tabac, d'alcool et de psychotropes.

Trois secteurs sont pointés du doigt par l'étude française : la santé, la logistique et les médias. Notamment parce qu'ils conduisent à travailler de nuit ou posté.

Un investissement professionnel peu rentable

Ce n'est pas la première fois que des études mettent en garde contre le trop plein de travail. Ces résultats viennent confirmer des travaux qui ont été publiés il y a quatre ans dans la revue médicale The Lancet. Les calculs montraient que les personnes qui travaillent 55 heures par semaine voient leur risque d'AVC augmenter de 33% par rapport aux autres. Une autre étude américaine, menée sur une durée de 13 ans, a pointé du doigt un autre risque, celui de se blesser au travail. Il augmenterait de 61% chez ceux qui travaillent trop longtemps.

En général, quand on travaille dur c'est avec l'espoir de réussir. Sauf que des chercheurs de la Cass Business School, de Londres, qui se sont basés sur un échantillon de 56 000 employés dans 36 pays, disent que la réussite n'est absolument pas garantie. 

Sacrifier son bien être dans l'espoir d'améliorer sa carrière pouvait être une erreur, disent-ils. "Les avantages professionnels d'un effet de travail excessif peuvent ne jamais se concrétiser", conclut laconiquement le Dr Hans Frankort, co-auteur de l'étude. Pire, le stress et la fatigue peuvent à terme conduire à de l'absentéisme, et donc à une perte de productivité pour l'entreprise.

Un neurologue visionne une image de l\'irrigation d\'un cerveau pendant une opération contre un AVC au CHU Kremlin-Bicètre à Paris, le 22 octobre 2018.
Un neurologue visionne une image de l'irrigation d'un cerveau pendant une opération contre un AVC au CHU Kremlin-Bicètre à Paris, le 22 octobre 2018. (MAXPPP)