Travail : aux Etats-Unis, comme en France, la moitié des réunions sont jugées inutiles par les salariés

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Dans les grandes entreprises américaines, les salariés passeraient un tiers de leur temps en réunion. Selon un psychologue du travail français, la tendance est la même en France, et elle s’est même renforcée depuis le Covid.

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Radio France
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Une réunion dans une entreprise. (ODILON DIMIER / MAXPPP)

18 heures par semaine passées en moyenne dans 17,7 réunions : c’est le résultat auquel a abouti un enseignant chercheur de l’université de Caroline du nord, aux États-Unis. Et c’est plus pour les managers, qui passent 22 heures sur 50 en réunion. Des réunions dont les salariés confient qu’ils pourraient se passer d’un tiers d’entre elles.

Et tout ça a un coût pharamineux : ces réunions inutiles représentent un gaspillage d’environ 25 000 dollars par an et par employé, soit plus de 100 millions de dollars dans les entreprises employant plus de 5 000 salariés. Problème : les salariés invités à des réunions n’osent que rarement, dans 14% des cas, décliner ces invitations et ne pas participer à la réunion superflue. Par crainte d’offenser l’organisateur ou parce qu’ils ont peur que leurs collègues les jugent peu investis dans leur travail.

Des réunions qui ne servent à rien

Pour savoir si c'était la même chose en France, nous avons posé la question à Christophe Nguyen, psychologue du travail, président du cabinet Empreinte Humaine, qui a beaucoup travaillé sur la question. Il confirme que la moitié des réunions sont jugées inutiles, même si c’est un chiffre qui date de 2017. Et que depuis la crise sanitaire, six travailleurs sur dix ont constaté qu’ils avaient plus de réunions. Christophe Nguyen remarque que cela conduit beaucoup de salariés à constater qu’ils n’arrivent pas à avancer réellement dans leur travail. Et que ces réunions qui s’empilent les obligeaient à prendre sur leur temps personnel pour traiter les dossiers de fond, à arriver plus tôt au travail, à rogner sur la pause déjeuner. D’où une fatigue et une frustration qui s’accumulent.

Des réunions à rallonge qui sont parfois le symptôme de problèmes plus graves. selon le psychologue du travail, un trop plein de réunions peut être le marqueur d’une entreprise qui n’accorde pas assez d’autonomie à ses salariés. Avec une peur de l’erreur. On doit avertir beaucoup de personnes pour éviter d’être tenu pour responsable d’une décision. D’où l’empilement de réunions auxquelles trop de personnes sont convoquées, même si elles n’ont rien à y faire...

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