Les salariés d'Apple veulent continuer à télétravailler et menacent de démissionner : "Arrêtez de nous traiter comme des écoliers"

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Lundi 23 mai, c’est le jour de la rentrée pour les employés d’Apple, aux États-Unis. La firme a sifflé la fin du télétravail total. Mais des milliers de salariés menacent de démissionner. 

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Radio France
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L'un des sites Apple à Cupertino (Californie).
 (SMITH COLLECTION/GADO / ARCHIVE PHOTOS via GETTYIMAGES)

"Arrêtez de nous traiter comme des écoliers à qui il faut dire quand être où et quels devoir faire" : Ils sont plus de 3 000 salariés d’Apple à se révolter, dans une lettre adressée à la direction et surtout à menacer de quitter la boîte. Figure de proue de ce combat, Ian Goodfellow, le directeur du machine learning d’Apple, a carrément annoncé qu’il démissionnait sur le champ. En cause, la nouvelle politique de la firme de Tim Cook. À partir d’aujourd’hui, fini le télétravail total et permanent pour les employés d'Apple. Il va falloir revenir au siège au moins trois jours par semaine, les lundis, mardis et jeudis.

Pour les salariés, pas question de recommencer à faire la navette et de rester assis huit heures par jour. Imposer un retour au bureau, cela aurait des conséquences, disent-ils, sur leur sécurité, leur santé et leur bien-être. Et puis ils ont des arguments encore plus sérieux : pendant tout le temps où les employés d’Apple pouvaient travailler d’où ils voulaient, les résultats de la firme sont restés excellents, la productivité n’a pas été impactée et tous les projets de l’entreprise ont pu sortir dans les temps.

Chantage à la "grande démission"

Le risque pour Apple est à peine voilé dans la lettre des 3 000 révoltés. Ils menacent de partir. Une enquête menée en avril auprès des employés d’Apple a montré que plus des trois-quarts d’entre eux n’étaient pas satisfaits du plan de retour au travail et 56% envisageaient de quitter l’entreprise. Rien de plus facile dans le domaine des hautes technologies aux États-Unis, qui connaît une forte pénurie d’employés.

Les départs massifs de collaborateurs, on appelle cela la "grande démission". Selon Raj Choudhury, professeur à Harvard spécialiste du travail cité par le site internet Quartz, les entreprises aux règles trop rigides pourraient perdre leurs meilleurs employés. Et d’ailleurs certains employeurs l’ont compris. C’est le cas d’Airbnb, par exemple. Son patron, Brian Chesky a indiqué au magazine Time que ses employés allaient pouvoir travailler définitivement à distance, depuis n’importe où, sans modification de salaire. Pour lui, le bureau tel qu’on le connait est une forme anachronique, qui vient d’un âge pré-numérique.

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