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La tolérance baisse en Europe pour les inégalités salariales

les Français sont parmi les moins enclins à s'émouvoir de la lutte contre les inégalités salariales entre les femmes et les hommes. Mais au niveau européen, la tolérance baisse sur les inégalités salariales. 

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Des groupes d\'hommes et de femmes parlent ensemble dans un hall.
Des groupes d'hommes et de femmes parlent ensemble dans un hall. (MAXPPP)

La lutte contre les inégalités salariales entre les femmes et les hommes progresse. Mais dans les esprits, les Français sont parmi les moins enclins à s'en émouvoir, selon un sondage européen que franceinfo vous révèle. C'est un paradoxe. Alors que nous faisons désormais partie des pays où les inégalités de salaire sont les mieux surveillées, nous sommes aussi celui qui s'en émeut le moins. L'étude annuelle d'ADP classe les Français en queue de classement de ceux qui seraient prêts à quitter leur entreprise s'ils découvraient qu'elle pratique un écart de rémunération injustifiée. Les plus prompts à partir sont les Italiens, suivis par les Britanniques et les Espagnols. Les Français ne sont que 46% à envisager de partir si leur boîte pénalise les femmes. Evidemment, cette envie de claquer la porte taraude plus les femmes que les hommes. Si elles s'estiment maltraitées, elles sont 55% à envisager de partir. Les hommes ne sont que que 37% à se dire prêts à quitter une entreprise inégalitaire.

Plus d'un tiers des hommes qui veulent partir d'une entreprise qui ne pratique pas l'égalité de salaire, alors même qu'ils n'en sont pas les victimes directes, on peut dire que c'est déjà beaucoup mais il est intéressant de noter que ce ras-le-bol est nettement plus prononcé chez les jeunes. Chez les millennials, natifs des années 80 et 90, le taux de ceux qui n'ont pas envie de rester dans une entreprise inégalitaire monte à 66%. C'est donc vingt points de plus que dans la population générale.

L'étude montre une baisse de la tolérance vis à vis des inégalités

De plus en plus de travailleurs européens pensent qu'il faut dénoncer les inégalités salariales. La tolérance se réduit. 60% des Européens seraient prêts à quitter une entreprise machiste et plus du quart d'entre eux plaident pour une politique de signalement des inégalités. À noter quand même que si les Français semblent moins susceptibles sur la question, dans les faits, ils sont parmi les plus vertueux. Sur le continent européen, les femmes sont payées en moyenne 16% de moins que les hommes. En France, l'écart n'est que de 9%.

Cette politique de signalement est déjà en vigueur en France, depuis le début du mois, pour toutes les entreprises de plus de mille salariés. Elles doivent rendre public un index des inégalités. Il prend la forme d'un score sur 100. Il est assorti de sanctions pouvant aller jusqu'à 1% de la masse salariale en cas de non-publication ou si rien n'est fait pour réduire les écarts. Jusqu'à présent, les entreprises avaient une obligation de moyens. Elles ont désormais une obligation de résultat.

Des groupes d\'hommes et de femmes parlent ensemble dans un hall.
Des groupes d'hommes et de femmes parlent ensemble dans un hall. (MAXPPP)