Jeunes handicapés : deux fois plus de temps pour trouver un travail

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Il faut presque deux fois plus longtemps à un jeune handicapé pour trouver un emploi qu'un jeune valide. Les jeunes handicapés sont prêts à faire des concessions sur leur salaire. Ce sont quelques-uns des éléments d'une enquête sur les difficultés que rencontrent les jeunes porteurs de handicap dans le monde du travail.

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Radio France
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Un travailleur handicapé. (MYCHELE DANIAU / AFP)

Les jeunes sont très tentés de dissimuler leur handicap, de ne pas en faire état au cours de leur recherche d'emploi. Ils sont de 40% à en faire état dans leur CV, c'est à dire que bien plus de la moitié d'entre préfèrent taire leur handicap et se faire passer pour un candidat valide. Ils se privent ainsi de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, la RQTH, et échappent aux avantages qu'elle procure. La plupart des employeurs sont asujettis à l'obligation d'embaucher au moins 6% de travailleurs handicapés, faute de quoi ils doivent s'acquitter d'une taxe. Et pour eux la recherche d'emploi est plus longue. Elle dure en moyenne 7,6 mois, soit presque deux fois plus longtemps que pour la moyenne des jeunes français valides, qui ne consacrent que 4,2 mois à leur recherche d'emploi, selon cette enquête Ifop réalisée notamment pour l'Agefiph. Du coup, pour arriver à décrocher un job ils sont prêts à faire des concessions financières.

Pour eux le critère de la rémunération est moins déterminant que pour les jeunes valides : 44% des jeunes handicapés jugent le niveau des rémunérations proposées comme un obstacle. C'est bien moins que dans la population valide. Il y a un écart de 12 points. En revanche, ils sont, plus que les valides, en recherche d'un engagement éthique de la part de leur futur employeur. Ils estiment aussi que le faible d'offre d'emploi proposant un environnement de travail adapté à leur handicap est un frein à leur intégration dans le monde du travail.

La discrémination persiste

Des jeunes handicapés qui assurent avoir été victimes de discriminations. Déjà au cours de leur scolarité : c'est le cas des deux tiers d'entre eux. Mais aussi dans leur recherche d'emploi. Un jeune handicapé sur deux dit avoir été discriminé au cours de sa recherche de travail. Manque de reconnaissance, stigmatisation, moqueries et irrespect sont courants pour eux. 

À partir du 15 novembre se tiendra la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées, une grande opération qui vise notamment à permettre aux employeurs de changer de regard sur les travailleurs handicapés et à les convaincre que les embaucher présente plus d'avantages que de problèmes d'adaptation.

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