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Ils ont changé de vie. Astou, du télémarketing à promoteur immobilier

Tout l'été les parcours de salariés qui ont changé de vie. Vendredi, Astou Fall, elle a enfin trouvé sa voie, la quarantaine venue, dans un métier méconnu, la promotion immobilière, après s'être cherchée de longues années. 

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Des toits d\'immeubles parisiens. Photo d\'illustration.
Des toits d'immeubles parisiens. Photo d'illustration. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Les études à la fac, en sciences politiques, l'avaient laissée dans un monde un peu éthéré, loin des réalités du monde du travail. Pour gagner son indépendance, Astou commence par le télémarketing : "Je m’y suis pris profondément ennuyée, mais ça m’a un peu mis dans le vif du sujet. Pour gagner sa croûte c’est très dur, c’est du téléphone industriel."

Ça va un peu mieux dans son emploi suivant, dans une agence de pub. Enfin, juste un peu mieux : "Il faut faire des recherches, faire des synthèses en anglais, réfléchir sur des choses... qui ne servent pas à grand chose d’ailleurs." Alors, pour trouver un peu plus de sens, la jeune femme crée sa propre entreprise. Elle conçoit et assure des campagnes de pub pour de petits supermarchés. Une belle aventure de six ans, mais "c’est dévorant une société", dit-elle. Alors elle ferme la société, trouve à se faire embaucher comme commerciale dans un groupe de média. Elle gagne bien sa vie, mais encore une fois, Astou n'a pas le sentiment d'avoir mis le pied dans la bonne direction. Ça coince :"Je ne sais pas si c’est le plafond de verre, le fait d’être d'origine africaine, mais je n’avais pas l’impression d’évoluer comme je voulais, de faire ce que j’avais envie. Je sentais que j’allais être dans une impasse."

Promoteur ? Pourquoi pas !


Astou décide donc qu'elle ne va pas finir sa carrière dans la pub, et elle se met à déployer ses antennes : "Je vais réfléchir, je vais me documenter, je regarde internet, je rencontre des gens, je me balade, je reparle à des amis et par hasard sur YouTube je vois une vidéo d’un promoteur qui parle de son métier." Promoteur immobilier, c'est coordonner des programmes immobiliers, parler avec des techniciens, des financiers, des commerciaux, des maîtres d'ouvrage, des architectes, des urbanistes, avec les services des mairies : "Je me dis que, bon, il y a du travail, beaucoup de travail dans ce métier, c’est très recherché, c’est suffisamment technique, je peux faire ça tout le reste de ma carrière professionnelle, j’y vais, je saute."

Il lui faut faire une école, en deux ans. Une petite révolution culturelle après 17 ans de vie professionnelle. Les études sont difficiles, il faut faire ses preuves, s'imposer. Mais elle s'accroche, obtient un Fongecif et donc garde une grosse partie de son salaire. Un bon investissement : "On sort de cette école, on vient vous chercher, les entreprises recrutent dans l’école." Elle est donc tout de suite embauchée et elle continue d'apprendre tous les jours. Ce métier la force à donner le meilleur d'elle-même, à se dépasser un peu tous les jours :"C’est un métier passionnant que je fais, j’aurais aimé le découvrir 20 ans avant." Aujourd'hui les projets sont nombreux, avec pourquoi pas celui d'aller travailler en Afrique. Astou a le sentiment de contribuer au bien-être de la cité, de fournir des logements à ceux qui en ont besoin. Enfin du concret : "Je commence à être un peu satisfaite de moi... mais je n’ai pas fini."

Des toits d\'immeubles parisiens. Photo d\'illustration.
Des toits d'immeubles parisiens. Photo d'illustration. (VINCENT ISORE / MAXPPP)