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Entreprises : qu'est-ce que le "résentéisme", ce nouveau phénomène en vogue aux États-Unis ?

Cette nouvelle pratique succède au "présentéisme", le fait de faire des heures à rallonge pour donner l’impression de travailler, et au "quiet quitting", le fait d’en faire le moins possible au travail.
Article rédigé par Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Un homme est en colère devant son ordinateur. (KLAUS MELLENTHIN / PHOTONONSTOP via AFP)

"Résentéisme" vient de l’anglais "to resent", qui veut dire "en vouloir à quelqu’un ou à quelque chose". Ce mot a été inventé il y a peu par le fournisseur de logiciels de gestion Rotacloud. Depuis, il a été repris par toute la presse anglo-saxonne et il s’impose pour décrire un nouveau phénomène.

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Avec la "Grande démission", qui a surtout frappé outre-Atlantique, touchant plus de 20 millions d’Américains, il y a eu ceux qui sont partis… et ceux qui sont restés. Ceux qui n’ont pas osé partir et qui ne peuvent plus le faire parce que la conjoncture s’est retournée, à cause des nombreux licenciements aux États-Unis, notamment dans les entreprises technologiques, et d'une inflation galopante. Ceux-là sont touchés par le "résentéisme".

Les "résentéistes" travaillent désormais dans des entreprises dont les effectifs ont été réduits. Ils doivent donc faire le travail, avec les moyens du bord. Ils se sentent dévalués, laissés pour compte, sans valeur – les bons sont partis – et ils en veulent à leur employeur de les laisser dans cette situation.

La France sera-t-elle touchée ?

Ces derniers mois, le phénomène de "quiet quitting", qui consistait à en faire le moins possible, juste dans le cadre de sa fiche de poste, a fait beaucoup parler. Le "résentéisme" décrit des travailleurs plus amers, désengagés, et qui n’hésitent pas à faire connaître leurs frustrations. Du reste, un récent sondage mené à l’initiative du fabricant de logiciels UKG montrait que 45% des travailleurs américains haïssaient tellement leur job qu’ils ne le souhaiteraient pas à leur pire ennemi !

Un tel phénomène peut-il arriver en France ? Christophe N’Guyen, qui dirige le cabinet de prévention des risques Empreinte Humaine, note que, parmi les travailleurs qui souhaiteraient quitter leur emploi, mais qui ne le peuvent pas, il y a plus de résignation, de désengagement et de susceptibilité de s’absenter pour des arrêts maladie. Ces salariés, dit le psychologue, "deviennent des contre-ambassadeurs de leur entreprise. Ils prennent sur eux, présentent un état psychologique dégradé et ont des réactions qui vont de l’absentéisme au burn-out."

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