Emploi : comment faire 100 000 recrutements d'ici 2027 dans le secteur du nucléaire ?

La France veut du nucléaire et vite : Emmanuel Macron a annoncé que six EPR doivent être lancés d’ici à la fin 2027. Un défi, notamment pour les petites et moyennes entreprises.
Article rédigé par France Info, Philippe Duport
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Des hommes travaillent à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

Le chantier est gigantesque. Six nouveaux réacteurs de type EPR lancés dans quatre ans. Mais aussi la maintenance du parc historique, le démantèlement de certaines centrales, l’enfouissement des déchets, l’augmentation des capacités d’enrichissement d’uranium, des sous-marins nucléaires et un porte-avion, des projets à mener à bien en Grande-Bretagne et en Inde, de la recherche... De quoi donner le tournis à cette filière nucléaire qui se croyait vouée à un lent déclin.

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En réalité, selon le Gifen, le syndicat professionnel des entreprises du nucléaire, ce sont 100 000 emplois qu’il va falloir créer en seulement dix ans en France. Dès cette année, il va falloir recruter, dans cette filière qui compte déjà 220 000 emplois, dans les métiers de la forge et de la fonderie, du contrôle-commande, de la chaudronnerie ou dans les machines tournantes. Pour d’autres métiers, liés à la ventilation, on pourra attendre quelques années.

Plusieurs employeurs vont recruter

Sur les métiers au cœur du nucléaire, il va falloir 60 000 personnes en plus. Si on ajoute les fonctions achats, les juristes, les ressources humaines, on arrive à 100 000. Les filières de formation existent déjà, mais il va falloir les remplir en "vendant" aux jeunes l’intérêt de ces métiers. Un argument mis en avant, c’est que ces métiers participent à la transition énergétique, à la lutte contre le réchauffement climatique, le nucléaire émettant très peu de dioxyde de carbone.

Qui va devoir recruter ainsi en masse ? C’est l’une des données les plus épineuses du problème. Les grands acteurs que sont EDF, Orano ou Framatome ne devront augmenter que de 9% leurs effectifs en dix ans. L’effort va en réalité peser sur tout le tissu de PME et d’entreprises de taille intermédiaire qui travaillent dans le secteur nucléaire.

Ces entreprises vont devoir augmenter deux fois et demi plus vite qu’aujourd’hui. Or, comme il faut du temps pour former les nouvelles recrues, ces embauches représentent un coût que les sous-traitants pourraient ne pas être capables d’assumer.

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