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Financement des nouveaux réacteurs nucléaires : "On n'a pas besoin d'un nouvel impôt", assure Agnès Pannier-Runacher

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Article rédigé par franceinfo
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Pour financer de nouveaux réacteurs nucléaires, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, ne souhaite pas d'un "nouvel impôt". Le coût de construction des six nouveaux EPR qui devraient sortir de terre entre 2035 et 2050 est estimé à 51,7 milliards d'euros, selon EDF.

"On n'a pas besoin d'un nouvel impôt" pour financer de nouveaux réacteurs nucléaires, déclare ce mercredi sur franceinfo la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. Le coût de construction des six nouveaux EPR qui devraient sortir de terre entre 2035 et 2050 est estimé à 51,7 milliards d'euros, selon EDF, plus 4,6 milliards en cas de difficulté de mise en œuvre.

Toutefois, la ministre assure que le levier de l'impôt pour financer ces six nouveaux réacteurs EPR de seconde génération est un "fantasme total". "Je rappelle que c'est un investissement et non une dépense", insistant sur le fait qu'il devait "rapporter de l'argent aux Français". "Ce que nous sommes en train de construire, c'est une capacité de produire de l'électricité à un coût compétitif", a insisté Agnès Pannier-Runacher.

Mise en service des nouveaux EPR à Penly entre 2035 et 2036

"On a besoin de financements à long terme qui peuvent être soit de la part l'Etat. Et comme c'est un investissement, ce n'est pas considéré comme une dépense budgétaire", a ajouté la ministre de la Transition énergétique. Une autre solution évoquée par la ministre est la participation de "la Caisse des dépôts pour accompagner en financement cette construction". Une participation qui est une "possibilité", a-t-elle précisé.

Le projet de loi sur le nucléaire favorisant la construction de nouveaux réacteurs nucléaires arrive à l'Assemblée nationale ce mercredi. Il entend simplifier les procédures administratives afin de favoriser les constructions des EPR de deuxième génération. Selon la ministre, "la décision que nous prenons aujourd'hui, c'est une décision que nous allons prendre d'ailleurs, puisque c'est une décision qui suppose d'associer aussi le Parlement". Les deux prochains EPR seront implantés à Penly (Seine-Maritime), a confirmé la ministre avant d'avancer l'objectif de 2027 pour la "première coulée de béton" et "une mise en service des premiers réacteurs nucléaires entre 2035 et 2036".

"Prolonger tous les réacteurs qui peuvent l'être"

"Un calendrier ambitieux", a reconnu Agnès Pannier-Runacher dans la mesure où "l'atteinte de nos objectifs climatiques suppose d'aller beaucoup plus vite sur l'électrification de notre pays et donc d'avoir des capacités de production électrique beaucoup plus" importantes. "Vous savez qu'il faut quinze ans pour construire un nouveau réacteur. Donc, d'ici 2035, la capacité de production nucléaire va reposer essentiellement sur la connexion du réacteur de Flamanville et sur le fait qu'on arrive à retrouver un productible, une production nucléaire équivalente à celle qu'on avait par exemple en 2017, c'est-à-dire à dire à peu près 30 % de plus qu'aujourd'hui", a-t-elle souligné.

Une relance du nucléaire qui n'est pas synonyme d'un changement de "paradigme", assure Agnès Pannier-Runacher. La France avait pourtant décidé en 2015 la fermeture de 14 de ses 58 réacteurs, avant un revirement annoncé par le président de la République en 2018 pour repousser le "calendrier de fermeture des centrales", puis surtout en 2022 à Belfort où Emmanuel Macron avait annoncé vouloir construire jusqu'à 14 réacteurs nucléaires EPR de seconde génération et "prolonger tous les réacteurs" actuels "qui peuvent l'être" au-delà de 50 ans. "La situation de production d'électricité en France a complètement changé", a défendu la ministre de la Transition énergétique. "La logique, c'est d'avoir plus de nucléaire et plus d'énergies renouvelables", a-t-elle ajouté.

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