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Emploi : 30% des actifs considèrent que leur travail est inutile

Trouvez-vous que votre travail est utile ? Si votre réponse est non, vous n’êtes pas seul. Une étonnante étude du ministère du Travail affirme que près d'un tiers des actifs ressentent leur travail comme inutile.

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Un salarié devant son écran de travail. Photo d\'illustration. 
Un salarié devant son écran de travail. Photo d'illustration.  (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Ce chiffre de 30% est obtenu en additionnant plusieurs catégories de travailleurs que la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 11% ressentent leur travail comme inutile mais ont tous les moyens pour le faire correctement. 8% occupent un travail qui à leur yeux manque de sens et de qualité. Enfin 11% sont "surexposés aux conflits de valeurs". C’est-à-dire que non seulement ils jugent leur travail la plupart du temps comme inutile, mais ils doivent aussi faire des choses qu’ils désapprouvent et ont la conviction de ne pas pouvoir faire du bon travail. Ces 11% cumulent les difficultés dans leur travail.

Les plus touchés par le sentiment d’inutilité mais qui ont les moyens de bien le faire sont les ouvriers, les employés administratifs d’entreprise ou encore les vendeurs. Ceux qui trouvent que leur travail manque de sens se trouvent dans les cadres de la banque et de l’assurance, parmi les secrétaires ou encore les cadres de la fonction publique. Enfin ceux qui cumulent les handicaps, les 11% surexposés aux risques, ce sont des infirmiers, des sage-femmes, des aide-soignants, des enseignants, des personnels de l’armée, de la police mais aussi des employés de banque, des assurances ou encore des caissiers.

Risques de dépression si on se sent inutile au travail

L'étude de la Dares affirme que ces conflits de valeur ont des répercussions sur la souffrance psychique. Le risque de déclarer un mauvais état de santé est deux fois plus élevé pour quelqu’un qui est surexposé aux conflits de valeurs – parmi ces fameux 11% – que pour un autre travailleur. Cette situation a des conséquences sur le sommeil par exemple. Si 25% de l’ensemble des travailleurs dit avoir eu des troubles du sommeil au cours de ces douze derniers mois, cette proportion s’élève à 43% chez ceux qui sont insatisfaits de leur travail.

Même chose pour la dépression. Seuls 4% des travailleurs qui sont satisfaits de leur emploi présentent des symptômes dépressifs. Mais chez ceux qui estiment que leur travail manque de sens et de qualité, cette proportion s’élève à 16%. Et elle grimpe à 26% chez les travailleurs les plus mécontents de leur poste.

Un salarié devant son écran de travail. Photo d\'illustration. 
Un salarié devant son écran de travail. Photo d'illustration.  (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)