C'est mon boulot, France info

Ces concessions que les chômeurs, et plus encore les chômeuses, font pour retrouver un emploi

INFO FRANCEINFO. Un sondage affirme que 55% des chercheurs d'emploi ont dû lâcher sur la rémunération, la qualité du travail ou le type de contrat pour retrouver un poste.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un homme dans un bureau Pôle emploi à Dunkerque (Nord).
Un homme dans un bureau Pôle emploi à Dunkerque (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Pour retrouver un emploi, les chômeurs sont prêts à faire des concessions. Des concessions qui ne sont pas les mêmes selon l'âge, le sexe et la catégorie sociale du chercheur d'emploi. C'est ce que montre un sondage que franceinfo vous révèle en exclusivité.

Accepter d'être moins bien payé que ce que l'on touchait avant. Faire un travail différent, sous qualifié par rapport à ses compétences. Faire des concessions sur le type de contrat, c'est-à-dire accepter un CDD alors qu'on était en CDI. Voilà, dans l'ordre, les petits arrangements que l'on est prêt à faire pour retrouver du boulot. 55% des chercheurs d'emploi, passés ou actuels, ont déjà fait ce type de concessions pour sortir du chômage, selon un sondage réalisé sur plus de 2 000 personnes par Opinion Way* pour le compte de l'association Solidarités nouvelles face au chômage.

Les femmes plus que les hommes sont prêtes à faire des concessions

Et ce sont surtout les femmes qui sont prêtes à faire passer certains critères au second plan. Plus que les hommes, elles sont prêtes à faire des concessions sur les conditions de travail. Et sur la rémunération, si elles sont seules. Les seniors aussi, les plus de 55 ans, qui ont peu bénéficié de la baisse du chômage, cèdent plus facilement sur la rémunération. Enfin les cadres supérieurs et les professsions intellectuelles sont plus nombreux à accepter de déménager pour retrouver du travail.


Autre enseignement de ce sondage : les chômeurs se plaignent de ne pas avoir de réponses. Huit sur dix ne se sentent pas suffisamment soutenus par les institutions et les entreprises, ce qui amplifie leur sentiment d'isolement. Et parmi ce qui les chagrine, il y a l'absence de réponse à leurs candidatures. 60% d'entre eux aimeraient savoir pourquoi ils ont été écartés. "Pourquoi, après trois entretiens qui se sont bien passés, on n'est pas retenus", se demande par exemple Christine, une chercheuse d'emploi interrogée par l'association. "On aimerait avoir un retour, ne serait-ce que pour dessiner des pistes d'amélioration, mais c'est toujours très compliqué d'en obtenir. Il y a une forme de violence, dit cette femme, une forme de violence entre l'investissement que nous y mettons et le manque de reconnaissance de cet investissement." précise-t-elle.

Ce sondage s'intéresse aussi aux impacts du chômage sur la santé

Un tiers des personnes au chômage, 34% exactement, disent que leur santé s'est dégradée pendant leur période de recherche d'emploi. Moins de loisirs aussi, pour une personne sur deux. Des comportements alimentaires différents, pour quatre sur dix, et aussi moins de sport. Et pourtant, le chômage se banalise. Solidarités nouvelles face au chômage, dont les 2 500 bénévoles accompagnent 4 000 chercheurs d'emploi par an, rappelle que six actifs sur dix ont déjà connu une période de chômage dans leur parcours professionnel.

* "Baromètre SNC-septembre 2017 – Comisis / Opinion Way". L'étude a été réalisée du 5 au 21 mars 2018 auprès de 2 135 personnes. L'échantillon est représentatif de la population des actifs de 18 ans et plus, hors retraités et hors inactifs. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, de sexe, catégories socioprofessionnelles, après stratification par régions et par catégories d'agglomération.

Un homme dans un bureau Pôle emploi à Dunkerque (Nord).
Un homme dans un bureau Pôle emploi à Dunkerque (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)