C'est mon boulot, France info

Ces chefs d'entreprise qui se félicitent d'employer des personnes handicapées

Les entreprises françaises sont loin de respecter l'obligation d'employer 6% de personnes handicapées. On est à 3,5%, comme l'a rappelé jeudi Sophie Cluzel, la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un homme en chaise roulante au bureau.
Un homme en chaise roulante au bureau. (MAXPPP)

Le salon du handicap se tient lundi 28 mai à Paris. Les entreprises françaises sont loin de respecter l'obligation d'employer 6% de personnes handicapées. On est à 3,5%, comme l'a rappelé jeudi Sophie Cluzel, la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées. Et pourtant les entreprises qui emploient des personnes handicapées s'en félicitent.

Ce qui remonte du terrain est très clair. Et très positif. On a demandé à 320 dirigeants, DRH et responsables de la mission handicap dans les entreprises de donner leur avis là-dessus. Et les trois-quarts d'entre eux disent que le fait d'employer des travailleurs handicapés améliore la solidarité au sein de l'entreprise. Plus de la moitié disent que ça renforce le sentiment d'attachement à l'entreprise. Un très grand nombre dit aussi que l'adaptation des postes de travail, qu'il a fallu faire pour accueillir des travailleurs handicapés, a finalement profité au plus grand nombre. Plus surprenant peut-être, un quart de ces décideurs va jusqu'à dire qu'une bonne politique sur le handicap contribue à l'amélioration des performances de l'entreprise. Comme si le fait d'employer une bonne proportion de personnes handicapées, ou même de faire travailler en sous-traitance des "entreprises adaptées", des Esat, par exemple, des structures réservées aux travailleurs handicapés, cela représentait un véritable avantage concurrentiel.

"Il y a une prise de conscience des entreprises de l'importance du sujet du handicap dans le cadre du développement de l'entreprise, explique Xavier Kergall, directeur général du salon handicap. Aussi parce que, peut-être, aussi parce que des générations qui sont plus sensibilisées à la responsabilité sociale de l'entreprise, il y avait le développement durable, il y a la parité, il y a l'inclusion, il y a le handicap. Donc les entreprises voient ça de plus en plus comme un élément positif et même un élément de développement économique, de concurrence positive par rapport à d'autres entreprises."

Ces mêmes employeurs disent qu'ils ont du mal à recruter des personnes handicapées

C'est l'autre enseignement de ce sondage. Et cela vient confirmer un phénomène bien connu. Si l'objectif des 6% n'est pas atteint, c'est aussi – pas seulement, très loin de là – parce que beaucoup de personnes handicapées n'ont pas la formation requise pour s'insérer dans le monde du travail. C'est flagrant dans ce sondage. 69% des responsables interrogés disent qu'il est difficile, voire très difficile de recruter des travailleurs handicapés. Ils se plaignent aussi de la complexité des démarches. Les trois-quarts d'entre eux demandent en réalité des solutions "clés en main", adaptées à leur cas. Et ils reconnaissent qu'ils manquent de temps à consacrer à ce sujet. Une grande concertation se tient depuis le début de l'année pour améliorer l'emploi des personnes handicapées. Elle doit durer jusqu'à la fin de ce premier semestre.

Un homme en chaise roulante au bureau.
Un homme en chaise roulante au bureau. (MAXPPP)