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Ce que disent les neurosciences de notre bonheur au travail

Limiter l'hyperconnexion, respecter les temps de pause et soigner l'éclairage : quelques trucs des neuroscientifiques pour nous rendre plus heureux au travail.

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Une femme lève le pouce sur son lieu de travail.
Une femme lève le pouce sur son lieu de travail. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Lundi c'est  l'ouverture de la semaine du bonheur au travail. Les spécialistes des neurosciences se penchent désormais sur notre bien-être au travail. Comme Gaétan de Lavilléon, il a cofondé un cabinet, Cog'X, qui conseille les entreprises, avec deux autres neuroscientifiques. Selon lui, la première condition du bonheur au travail, c'est de limiter l'hyperconnection, le fait de faire plusieurs choses à la fois et d'être tout le temps connecté aux mails, aux boucles de discussion, au téléphone, aux réseaux sociaux. Tout ça, selon lui, ça limite notre capacité à être heureux, tout simplement : "La science nous montre que notre cerveau a des ressources limitées et être hyperconnecté ça va mettre ce cerveau en difficulté, il va essayer d'aller au delà de ses ressources, il va dépenser plus d'énergie. L'énergie qu'il va dépenser pour traiter cette hyperconnexion, c'est une énergie qu'il ne va pas pouvoir déployer ailleurs. Par exemple c'est une énergie qu'il ne va pas pouvoir déployer le soir en pratiquant ses hobbies, en ayant une activité familiale épanouie, le midi en se concentrant sur ses collègues ou ses amis. Toutes ces sources de bonheur vont paraître secondaires pour notre cerveau".

Deuxième condition du bonheur au travail, les pauses : "Trop souvent on a la croyance que travailler vite, fort et longtemps c'est être efficace. En réalité ça n'est pas le cas. Comme un sportif il faut s'accorder des vrais temps de pause. Il faut qu'il y ait une bienveillance autour des temps de récupération et que les gens ne se sentent pas jugés parce qu'ils vont prendre trois pauses dans la journée. Il faut se réguler par soi-même et pouvoir se dire moi j'ai besoin d'une pause, plus longue que celle de mes collègues, je vais la prendre pour revenir plus efficace mais aussi plus heureux à la fin de la journée".

Que la lumière soit

Dernière condition au bonheur, c'est surprenant, c'est la lumière. Et voilà pourquoi le bon vieux néon du bureau est notre ennemi : "Les travaux de recherche en neuroscience rappellent que l'humain a évolué dans un environnement naturel, avec notamment une lumière qui fluctue tout au long de la journée", explique Gaétan de Lavilléon. Malheureusement on est le plus souvent dans un environnement de travail avec une lumière constante. Du coup il y a une tension qui peut se créer entre mon cerveau et l'environnement dans lequel j'évolue. On travaille par exemple à évaluer des luminaires circadiens qui vont évoluer au fur et à mesure de la journée, leur intensité va reproduire un environnement naturel", dit Gaétan de Lavilléon.

Une femme lève le pouce sur son lieu de travail.
Une femme lève le pouce sur son lieu de travail. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)