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Climat : la moitié des espèces des zones à haute biodiversité menacées d'extinction, si la température augmente de 4,5°C

C'est le constat alarmant d'un rapport publié mercredi par le WWF : si rien n'est fait, 50% de ces espèces disparaîtront d'ici 2080. Les espèces animales et végétales souffrent aussi du changement climatique.

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Un wallaby, en Australie, en juin 2006.
Un wallaby, en Australie, en juin 2006. (MAXPPP)

Si le réchauffement climatique se poursuit jusqu'à atteindre +4,5°C d'ici à 2080, 50% des régions les plus riches en biodiversité seront menacées d'extinction au niveau local. C'est le résultat d'une étude du WWF, publiée mercredi 14 mars dans la revue scientifique Climatic Change.

Le wallaby des rochers, espèce emblématique du sud-ouest de l'Australie connaîtrait ainsi l'une des plus grosses pertes. 80% des mammifères de cette région risquent de disparaître dans un tel climat. Pour les amphibiens ce chiffre atteindrait 89%.

En Méditerranée, ce sont trois espèces de tortues marines que l'on ne verrait plus et un tiers des plantes mammifères et amphibiens qui sont menacés. Des pertes jugées irréversibles, d'autant que ces espèces animales ne peuvent pas toujours se disperser ou s'échapper, parce que nous avons aussi beaucoup construit de routes ou de maisons sur leurs habitats naturels.

Mais, ce rapport mené en collaboration avec des chercheurs de l'université d'East Anglia en Angleterre fait aussi des scénario pour montrer que si l'on arrive à contenir le réchauffement climatique à 2°C comme le demande l'accord de Paris, les pertes seront limitées. On pourrait réduire ce risque de moitié. Par exemple l'impact ne serait plus que sur un tiers des mammifères du sud-ouest de l'Autralie. Ce qui reste beaucoup.

Luttes conjointes

Aujourd'hui, l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère fait fondre les glaciers, cela réduit la banquise l'été, et donc, l'écosystème et les espèces qui en bénéficient. Cela réchauffe les océans en surface, cela les acidifie aussi. Une eau plus acide blanchit le corail. Or les coraux, notamment de la côte est de l'Afrique, sont des refuges de biodiversité immense pour bons nombres d'organismes marins, de poissons, ils nourrissent les hommes mais aussi les oiseaux.

Si on ne parvient pas à contenir le changement climatique et que la fièvre de la planète grimpe à 4,5°C, 17% des oiseaux d'Afrique de l'est sont menacés d'extinction. Selon le rapport, avec une augmentation des températures à 2°C la perte des espèces tomberait à 7%. En Amazonie, les plantes auront aussi du mal à s'adapter avec un climat plus chaud. Six espèces sur 10 pourraient disparaître avec une augmentation de 4,5°C, tandis qu'avec une hausse à 2°C on limiterait la perte à quatre espèces sur 10.

Le Giec de la biodiversité

Avec ce rapport, le WWF veut montrer que préserver le climat et la biodiversité peuvent aller ensemble. Aujourd'hui, quand on installe un barrage ou un champ d'éoliennes on peut se dire : "c'est bien pour l'environnement parce qu'on va produire de l'energie sans émettre de CO2". Mais à faire trop vite et n'importe où ces installations, on peut finalement détruire de façon irrémédiable des espèces uniques et essentielles dans notre environnement.

Mieux évaluer notre impact sur le climat a pris plus de 30 ans. C'est justement l'âge du Giec - le groupe international d'experts sur le climat -. Mais des scientifiques travaillent aussi pour l'IPBES, la plateforme internationale pour la biodiversité et les services écosystèmiques. Ils aimeraient bien que l'on ne s'apperçoivent pas que dans 30 ans nous n'avons pas assez pris en compte les pertes de biodiversité, pourtant tout aussi essentiel à notre vie sur terre.

Un wallaby, en Australie, en juin 2006.
Un wallaby, en Australie, en juin 2006. (MAXPPP)