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C'est ma maison. Louer une chambre chez soi : des revenus mais des contraintes

Et si vous louiez une partie de votre résidence principale à un étudiant pour vous constituer un complément de revenus ? Les précisions de Charlie Cailloux, conseiller juridique pour le site immobilier PAP.fr.

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Une vue de Paris en juin 2019. 
Une vue de Paris en juin 2019.  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Cela peut améliorer le quotidien, surtout quand les enfants ont quitté le domicile des parents : on pense à louer une partie de notre habitation principale par exemple à un étudiant pour obtenir un complément de revenus.

franceinfo : Est-ce que c’est une bonne idée ?  

Charlie Cailloux, conseilller juridique pour le site PAP.fr : C’est le plus souvent une solution que choisissent les parents dont les enfants sont partis faire leurs études ou s’installer seuls, qui ont donc des chambres libres, et qui font face à de leurs lourdes charges pour se maintenir dans un logement qui est devenu grand pour eux.

Cela peut aussi concerner des personnes âgées qui vont louer à un prix abordable une chambre à un étudiant, en contrepartie de quelques courses, d’un peu de cuisine ou de ménage (ce que l’on appelle le logement intergénérationnel).   

Comment fixe-t-on le loyer lorsqu’on loue juste une chambre dans un grand logement ? On est obligé de louer moins cher ?   

Non, on peut fixer son loyer comme on le veut, en fonction du marché. A peu de choses près, le loyer d’une chambre dans un grand appartement peut équivaloir à celui d’un studio, en général il sera un peu moins cher. Evidemment, ça dépend beaucoup de la superficie des parties partagées et du niveau de standing de l’ameublement. Alors, je viens de dire que le loyer était libre, c’est vrai mais à Paris, il faut quand même respecter les plafonds de l’encadrement des loyers.   

Et ces loyers sont imposés ?

Oui, ils sont imposés comme tous les loyers de locations meublées, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Mais, il y a une exonération lorsque le propriétaire loue à un prix très raisonnable : en dessous de 187 euros par an et par mètre carré en Île-de-France et de 138 euros par mètre carré et par an dans les autres régions. Prenons un exemple : si un propriétaire parisien loue une chambre de 18 m² dans son logement, il n’aura pas à déclarer ces loyers s’il loue moins de 280 euros par mois.   

Une question pratique : qu’est-ce qui se passe si on ne s’entend pas avec son locataire ?   

C’est compliqué parce que c’est un mélange des genres ! On est un peu dans une relation entre colocataires (on partage un frigo, un canapé, une salle de bains, etc.) mais aussi dans une relation propriétaire/locataire.   Il faut vraiment bien choisir son locataire, être certain qu’on aura un mode de vie compatible parce que vous ne pourrez pas vous en séparer simplement. S’il ne part pas de lui-même, vous devrez lui donner congé à l’échéance du bail (à la date anniversaire du contrat), ça peut devenir très lourd ! En gros, vous êtes chez vous parce que vous êtes propriétaire, mais le locataire aussi, est chez lui. Mieux vaut bien s’entendre !  

Quand on a des chambres en trop, on peut aussi les louer à des touristes !

Oui, ça permet de louer plus cher qu’à un locataire classique ! Mais à Paris, et dans de plus en plus de villes, on ne peut louer sa résidence principale à des touristes qu’au maximum 120 jours par an, on doit télédéclarer à la mairie chaque nuitée, et payer une taxe de séjour. 

De particulier à particulier
De particulier à particulier (PAP.FR)

Une vue de Paris en juin 2019. 
Une vue de Paris en juin 2019.  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)