C'est dans ma tête. Vaccination des moins de 12 ans : les inquiétudes des parents

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Les adolescents, à partir de 12 ans, peuvent être vaccinés contre le Covid-19 depuis le mois de juin dernier, avec l’accord de leurs parents. Une décision délicate et difficile pour beaucoup de parents. Le décryptage de la psychanalyste Claude Halmos. 

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Radio France
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Une adolescente de 13 ans accompagnée par son père reçoit sa première dose de vaccin contre le Covid en Ardèche. (Illustration) (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

Depuis le mois de juin, les adolescents, à partir de 12 ans, peuvent être vaccinés, avec l’accord de leurs parents. Et, dans beaucoup de familles, on le sait, la décision a été difficile à prendre. Aujourd’hui, on évoque la possibilité de vacciner les moins de 12 ans et, même quand ils ne sont pas opposés à la vaccination, beaucoup de parents s’inquiètent. Nous évoquons aujourd'hui ces inquiétudes avec la psychanalyste Claude Halmos.

franceinfo : Comment expliquer ces inquiétudes ? Et comment aider les parents ?      

Claude Halmos : Beaucoup de parents qui avaient fait jusque-là vacciner, sans problème, leurs enfants, sont très réticents p ar rapport à cette vaccination ; même quand ils sont eux même vaccinés. Et ce n’est pas étonnant : face aux difficultés, dans quelque domaine que ce soit, les parents sont toujours plus inquiets pour leurs enfants que pour eux-mêmes. Un parent, conscient de sa fonction de parent, craint toujours que son enfant souffre, et plus encore de lui porter, même sans le vouloir, préjudice.              

Pourquoi cette vaccination les inquiéterait-t-elle particulièrement ?      

D’abord parce que si l’on vaccine les enfants, ce sera avec un vaccin par rapport auquel on n’aura pas le recul que l’on a pour les autres. Or, là encore : imaginer que son enfant pourrait recevoir un produit susceptible de lui faire du mal, même à long terme, est insupportable. Mais cette question arrive, de plus, dans un moment où tout le monde est, à cause de ce que vous venons de traverser, fragilisé psychologiquement ; et où la peur de la mort est beaucoup plus présente dans les têtes qu’auparavant. Or beaucoup de gens, pour se rassurer, s’étaient accroché à l’idée que le Covid ne serait pas dangereux pour les plus jeunes. Les vacciner, c’est poser qu’il l’est ; et donc faire tomber cette défense, et ressurgir la peur. Pour certains parents, cela ressemble à un cauchemar.                          

Et puis il y a l’influence des réseaux sociaux ?              

Les réseaux sociaux jouent un rôle terrible parce qu’ils valident le cauchemar des parents ; et sur un mode qui évoque parfois les sorcières des contes : "Tu veux manger cette pomme ? Eh bien tu vas mourir !". La répétition incessante de fausses informations laisse des traces chez les parents. Et elle en laissera certainement au-delà du Covid, dans la société, parce que croire qu’une force de vie comme les vaccins, qui ont sauvé la vie de millions d’enfants, pourrait devenir une force de mort, est profondément désespérant.         

Je crois qu’il faut que les parents résistent, et qu’ils essayent de passer de l’émotion, sur laquelle jouent les réseaux, à la raison. Que les professionnels qui les reçoivent écoutent leurs craintes, et en parlent avec eux. Et que surtout les autorités sanitaires leur donnent, quand elles en auront, des informations précises et fiables.

Il faut aider les parents, mais aussi les enfants. Parce que c’est terrifiant pour un enfant d’entendre dire qu’il vit dans une société où des méchants, tout puissants essaieraient, avec des vaccins, de le tuer. Donc : stop aux cauchemars, et vive la raison !    

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