Les conservateurs américains, opposés à l'avortement, prônent le recours aux "baby-box" pour favoriser l'adoption

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Alors que l'avortement est de plus en plus remis en cause aux États-Unis, les conservateurs mettent en avant les "baby-box" pour favoriser les adoptions. 

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Une "baby box" avant son installation dans une caserne. (AFP / SAFEHAVENBABYBOXES.COM)

Depuis le printemps et l'annulation par la Cour suprême de l'arrêt Roe contre Wade, qui garantissait le droit à l'avortement sur le territoire américain, chaque État peut choisir d'autoriser, de restreindre ou d'interdire l'IVG. Et cette décision a provoqué d'importants débats dans le pays. Dans ce contexte, les conservateurs veulent développer les baby-box, des sortes de grandes boîtes aux lettres dans une caserne de pompiers, où une mère peut déposer son nouveau-né anonymement. 

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Laisser son bébé devant une église, un orphelinat ou un hôpital, la pratique existait déjà en Europe au Moyen-âge. Aux États-Unis, il est interdit d’abandonner son enfant, mais dans le même temps, des lois garantissent aux mères d’éviter des poursuites pénales si elles donnent leur bébé, moins de 30 jours après sa naissance, à un policier, à un pompier, à une infirmière ou à un médecin. Le Texas a été le premier à mettre en place ce type de législation en 1999, avec ce qu’on a appelé la "loi bébé Moïse", en réaction à l’abandon de nouveaux-nés dans des bennes à ordure. Le reste du pays a suivi.

Les baby-box existaient déjà dans d’autres pays, comme l’Allemagne ou la Malaisie, mais elles ont fait leur apparition aux États-Unis plus récemment, en 2016. Il n’y en a qu’une centaine dans quelques États. Avec la fin du droit à l’avortement, à divers degrés, dans la moitié du pays, on peut s’attendre à ce que ces boîtes se multiplient.

Des "tiroirs" à la température contrôlée et équipés d'alarmes

Ces baby-box prennent la forme d'un grand tiroir métallique dans le mur d'une caserne de pompiers, le plus souvent. La mère ouvre ce tiroir et peut y déposer son bébé. La température y est contrôlée. Quand le tiroir se referme, la mère ne peut plus le rouvrir et des capteurs déclenchent une alarme pour alerter les pompiers qui arrivent en moyenne dans les deux minutes. Le New York Times raconte qu’à Carmel dans l’Indiana, la baby box n’a jamais été utilisée en trois ans. Au printemps, une maman a déposé son bébé. Les informations locales en ont parlé et deux autres nouveaux-nés ont été abandonnés dans les semaines qui ont suivi. Plus efficace, visiblement, que les campagnes d’affichage montrant un beau pompier s’occupant de l’enfant et un numéro de téléphone à appeler.

C'est l'association Safe Haven Baby Box qui finance ces boîtes. Elle a été fondée par Monica Kelsey, une femme de 37 ans, opposée à l'avortement et qui a elle-même été abandonnée par une mère adolescente à la naissance. Elle a servi dans la Marine américaine, elle a été pompier, infirmière. Lors d’un séjour en Afrique du Sud pour parler d’abstinence, elle a découvert ce système de boîtes, et elle a décidé de l’importer dans l’Indiana, son État de résidence. Il a fallu convaincre que la méthode était sûre. Aujourd’hui, elle explique sur le réseau social TikTok comment ses baby-box marchent avec l’espoir qu’on en retrouve rapidement dans tout le pays. Comme elle le répète en interviews, mieux vaut déposer son bébé dans ces baby-box que l’abandonner dans une benne à ordure, ou pire. Ces baby-box doivent aider, selon elle, des mères désespérées à ne pas commettre l’irréparable.

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