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Le bingo bingo plus fort que le bunga bunga

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A première vue, on les entend d’ici : tout le monde se réjouit de la chute imminente de Berlusconi. On va hurler avec les loups, tirer sur l’ambulance. La gauche bien pensante et la droite honteuse vont nous faire croire qu’en politique, la morale finit toujours par l’emporter. Car si le "Cavaliere" est aujourd’hui désarçonné, la tentation est grande et l’illusion commode d’y voir une revanche de la dignité sur la vulgarité. Mais ça c’est la poudre aux yeux, l’illusion.
Article rédigé par
Radio France
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Certes, nul ne regrettera les blagues de Berlusconi sur le bronzage d’Obama ou la difficulté de lutter contre le viol dans un pays ou les femmes sont belles. Personne n’oubliera ses petits arrangements avec la justice, son étrange statut de cumulard suprême, patron de gouvernement, patron de presse, empereur de l’immobilier, roi de la télévision, propriétaire de club de foot et infatigable mécène de la prostitution adolescente. Il y avait en lui une sorte de mélange entre  Néron, Marc Dorcel et Dodo La Saumure. De quoi faire passer DSK pour un moine trappiste.

Tout cela est vrai et on comprend bien pourquoi tant de gens disent aujourd’hui "bon débarras". Pourtant la morale n’a rien à faire là dedans. Ce n’est pas pour ses parties fines, ses blagues salaces, ses fraudes et corruptions avérées ou supposées que l’ancien vendeur d’aspirateur devenu milliardaire devenu Premier ministre va quitter le pouvoir, c’est à cause de la crise financière.

Dans le "triple A intime" de Berlusconi, (arrogance, amoralité, argent), c’est le dernier, l’argent qui aura causé sa perte. C’est à cause de l’argent qui gouverne le monde que Berlusconi ne gouvernera plus l’Italie. C’est la crise monétaire qui l’a condamné. Pas l’opinion publique. La seule morale de cette histoire c’est que les partouzes privées, les fameuses "bunga bunga" ne pèsent pas lourd face à l’immense et permanente partouze des marchés financiers qu’on pourrait appeler le "bingo bingo…"  

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