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La division 2 des humoristes

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A première vue, s’il y a un chef d’œuvre en péril actuellement dans le petit monde de l’audiovisuel, c’est bien l’humour. Chef d’œuvre car à la radio et à la télé, les humoristes participent utilement à la vie démocratique dont ils sont un peu les iconoclastes baromètres. En péril car faut bien reconnaître que ce qu’on entend est de moins en moins bon. Moins impertinent. Moins pertinent. Donc moins drôle.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Pour tout dire, comme au rugby, il y a un top 14 des humoristes, mais aussi une division 2. Dans le top 14, grosso modo les matinales des radios, là ou se joue la vraie bataille de l’audimat, le niveau de jeu reste "globalement positif" et épisodiquement poilant. Malgré la disparition de Stéphane Guillon, on peut encore tomber sur quelques tranches de franche rigolade.

Mais il y a la D2 et là, c’est la cata. On veut parler des innombrables, interminables inévitables talk shows radiophoniques et télévisés ou sévissent quotidiennement d’affligeants chroniqueurs qui bafouillent leurs jeux de mots à deux balles, ânonnent des banalités vulgaires et se croient obligés de donner à leur piètre brouillon un vague contenu idéologique en dézinguant à chaque fois les mêmes têtes de turc.

On est là dans le fast food de l’humour. Le Canada Dry du divertissement. A l’écoute de ces laborieux pisse-copie, on ne peut pas ne pas ressentir de la gêne ou même parfois de la honte car ils sont autant d’insultes proférées aux cadavres exquis de Desproges, Coluche et Le Luron.

Si une société a les saltimbanques qu’elle mérite, il y a lieu de se faire du mouron. Quant à humour, c’est une chose trop sérieuse pour être confiée à qui n’en a pas.         

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