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Remboursement de 50% de l'abonnement TER en juin : "La SNCF se fiche de la tête des Français", accuse Hervé Morin

Le président du conseil régional de Normandie a estimé samedi sur franceinfo que "l'on est sur des chiffrages de la SNCF qui mélangent un peu tout".

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Le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin sur le plateau de franceinfo, le 28 avril 2018.
Le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin sur le plateau de franceinfo, le 28 avril 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Alors que le mouvement de grève se poursuit, la SNCF a annoncé vendredi que les abonnés des lignes TER seront remboursés à 50% pour le mois de juin. "La SNCF se fiche de la tête des Français", a répondu samedi 28 avril sur franceinfo Hervé Morin.

Le président du conseil régional de Normandie estime que "l'on est sur des chiffrages de la SNCF qui mélangent un peu tout pour avoir des chiffres à peu près convenables et pour que 50% correspond[e] à peu près à la réduction du trafic". Mais pour lui "on ne peut pas avoir une vision de la sorte pour considérer qu'on se lave les mains à partir d'une réduction de l'abonnement de 50%".

Tarifs "pas clairs"

Hervé Morin considère que les tarifs de la SNCF "ne sont pas clairs" et "beaucoup plus élevés que la moyenne européenne", avant d'ajouter :  "le jour où la SNCF aura enfin des comptes transparents on pourra enfin se parler".

Concernant le rôle des régions, qui rémunèrent en partie la SNCF dans le cadre des conventions régionales, "je n'ai pas l'intention de payer les jours de grève", annonce Hervé Morin.

La région Normandie doit donner 130 ou 140 millions d'euros à la SNCF pour couvrir ce service, je n'ai pas l'intention de payer les jours où il n'y a pas eu de grève.

Hervé Morin, président du conseil régional de Normandie

franceinfo

Concernant de façon plus globale la réforme de la SNCF menée par le gouvernement, "nous la voulions, et donc nous souhaitons qu'elle soit mise en place le plus rapidement possible", explique Hervé Morin, qui, en revanche se dit inquiet à propos de l'avenir des petites lignes. "Sur les lignes régionales on a besoin de voir clair avec l'État", explique-t-il, "il faut qu'il y ait une discussion ligne par ligne".

Un gourvernement de "communication"

Par ailleurs, Hervé Morin a estimé que concernant les réformes du gouvernement "on est plus dans la communication et l'apparence de la réforme que dans le contenu de la réforme".

C'est le cas par exemple sur la réforme de l'apprentissage. Pour le président du conseil région de Normandie, "Matignon avait indiqué en novembre que les régions auraient la responsabilité de l'orientation et de la formation des familles et des jeunes". Or "ils ne l'ont pas fait, pourquoi ? Parce qu'ils ont peur", accuse l'ancien ministre de la Défense.

Même constat sur la formation professionnelle des demandeurs d'emploi : "Il n'y a rien de fait", "nous sommes tous déçus nous attendions autre chose, ce n'est pas le cas", regrette Hervé Morin.

Enfin concernant la réforme de l'assurance chômage, "est ce qu'on ne peut pas essayer de construire un système un peu plus solide ?" demande-t-il. En résumé pour lui "il y a le sujet totémique de la SNCF. Et on considère qu'à partir de la SNCF tout est sur le même modèle".

Le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin sur le plateau de franceinfo, le 28 avril 2018.
Le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin sur le plateau de franceinfo, le 28 avril 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)