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Le chef de l'État au débat du Congrès : Gérard Larcher émet sa "totale réserve" et dénonce un "double salto arrière"

Le président Les Républicains du Sénat, a dit redouter, mercredi, un changement de "nature de la Ve République", alors que l'Assemblée nationale vient de voter la possibilité pour le président de la République d'assister au débat du Congrès. 

Gérard Larcher, président du Sénat, invité de franceinfo, mercredi 18 juillet 2018.
Gérard Larcher, président du Sénat, invité de franceinfo, mercredi 18 juillet 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Le président Les Républicains (LR) du Sénat, Gérard Larcher, invité mercredi 18 juillet de franceinfo, a fait part de sa "totale réserve" quant à la possibilité pour le président de la République d'assister au débat du Congrès, après s'y être exprimé. L'Assemblée nationale a ouvert la voie à ce changement, dans la nuit de lundi à mardi. 

"Ça a été obtenu dans un double salto arrière. La semaine précédente, Richard Ferrand [chef de file les députés LREM] disait que c'était une mauvaise idée, voilà qu'on passe à Versailles et ça devient une idée géniale", a lancé Gérard Larcher.

"Les Français élisent le président de la République, responsable devant eux, qui est aussi un arbitre, au-dessus des partis politiques, même s'il appartient à une formation politique. Le Premier ministre, lui, est responsable devant le Parlement. La confusion des genres change la nature de la Ve République", a poursuivi Gérard Larcher. Le rôle du chef du gouvernement va changer également, affirme le sénateur des Yvelines. "Le Premier ministre sera autre chose, il sera le premier des ministres. (...) Je dois vous dire ma totale réserve, et on ne fera pas de double salto arrière, mais plutôt un salto avant", a conclu le président du Sénat.

La victoire des Bleus : "un ferment" à utiliser

Réagissant à la victoire des Bleus lors de la Coupe du monde de football, Gérard Larcher a déclaré avoir vu "une victoire collective""On a éprouvé le bonheur d'être Français tous ensemble, d'où qu'on vienne, quel qu'on soit. Et c'est un bonheur qu'on doit à une équiper, au staff qui l'a conduite, et à toute une nation dans sa diversité qui était derrière elle", a déclaré le président LR du Sénat.

"C'est l'occasion d'un immense rassemblement, et, peut-être utilisons ce qui est le ferment du rassemblement pour aller plus loin sur un certain nombre de sujets dans un pays qui a tendance, parfois, à se replier", a-t-il ajouté. 

Dépense publique : "le gouvernement n'a rien fait"

Le président du Sénat a appelé le gouvernement à "définir des super-priorités" en matière de budget, notamment en faveur de la politique de la ville, "mais aussi la politique d'accompagnement des territoires ruraux et des villes moyennes dans ces territoires ruraux""Le gouvernement doit choisir, faire un budget c'est choisir", a ajouté Gérard Larcher (LR).

Interrogé sur la nécessité de baisser les dépenses publiques, le président du Sénat a jugé qu'en la matière, "le gouvernement n'a rien fait". Les départements, les collectivités territoriales, a-t-il affirmé, "sont les seuls qui ont contribué à la diminution de la dépense publique. L'État pas encore". Selon Gérard Larcher, il est nécessaire de "faire des choix de priorités". Je pense que le choix de la taxe d'habitation a été un très mauvais choix", a-t-il martelé.

Par ailleurs, le président du Sénat a défendu sa ligne du compromis face à la révision constitutionnelle voulue par l'exécutif, arguant qu'"au Sénat, on ne dit jamais oui, par discipline, et jamais non, a priori". Il se place, dit-il, "sur la ligne de crête". "Je reconnais que ça n'est pas facile, c'est moins encombré qu'ailleurs, mais c'est ce vers quoi j'ai envie de cheminer", a-t-il ajouté.  

"Cette révision constitutionnelle, si elle nous permet de faire mieux la loi, d’accorder des droits renforcés au Parlement, elle aura atteint un objectif et pourra contribuer à réconcilier la démocratie et les citoyens", a affirmé le sénateur LR, qui a rencontré hier les députés de son parti opposés à cette réforme. "Je n'aime pas plus qu'eux la proportionnelle pour les députés, mais je préfère qu'il y ait au minimum un député et un sénateur par département ou collectivité à statut spécifique. Je préfère que le droit d'amendement et le bicamérisme soit préservés", a commenté Gérard Larcher.

Enfin, interrogé sur la procréation médicalement assistée (PMA), qui devrait faire l'objet du dépôt d'une proposition de loi d'un député La République en marche la semaine prochaîne, le président du Sénat a appelé à "prendre le temps" pour discuter d'un texte, refusant "toute procédure accélérée".

Regardez l'intégralité de l'entretien de Gérard Larcher sur franceinfo le 18 juillet 2018.

Gérard Larcher, président du Sénat, invité de franceinfo, mercredi 18 juillet 2018.
Gérard Larcher, président du Sénat, invité de franceinfo, mercredi 18 juillet 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)