Pénurie de carburant, Coupe du monde au Qatar, guerre en Ukraine, état de la gauche... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Hollande

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L'ancien président de la République était l'invité du "8h30 franceinfo", jeudi 13 octrobre 2022.

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François Hollande, ancien président de la République,invité sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

François Hollande, président de la République entre 2012 et 2017, était l'invité du "8h30 franceinfo", jeudi 13 octobre 2022. Pénurie de carburant, Coupe du monde au Qatar, guerre en Ukraine, état de la gauche... Il répond aux questions de Marc Fauvelle et Salhia Brakhlia.

Bonus exceptionnel proposé par TotalEnergies : "un premier geste d'apaisement"

François Hollande salue "un premier geste d'apaisement" de la part de TotalEnergies, qui prévoit  jeudi 13 octobre d'attribuer un "bonus exceptionnel" à l'ensemble de ses salariés. L'ancien chef de l'État estime cela dit qu'il "aurait fallu ouvrir les négociations et annonces ces mesures plus tôt". S'il prône "le dialogue", l'ancien locataire de l'Élysée reconnaît qu'il faut aussi "éviter une paralysie de l'économie française". Il ne rejette pas totalement les réquisitions de personnels décidées par le gouvernement, car elles "vont commencer à être justifiées".

Mondial au Qatar : "aucune information sur les conditions" d'attribution de la compétition

François Hollande affirme qu’il "n'avait aucune information sur les conditions qui ont été posées pour l'attribution de la Coupe du monde [de football au Qatar] en lien avec la vente de Rafale" en 2015. La cellule investigation de Radio France et Complément d'enquête (France 2) révèlent ce jeudi 13 octobre que la justice enquête sur les fils de l'attribution de la Coupe du Monde de football au Qatar, pour savoir si la France a monnayé son soutien en échange de contreparties, et notamment de la vente d'avions de combat en 2015.

>> ENQUÊTE. Coupe du monde de football 2022 au Qatar : dans les coulisses du déjeuner de l’Élysée qui a tout fait basculer

François Hollande affirme qu'après son élection, en 2012, "il a fallu reprendre des négociations longues et difficiles pour aboutir à cette vente". Il explique ainsi ne pas "avoir signé" les contrats de vente, mais c’est "l'entreprise Dassault" qui s’en est chargée.

Guerre en Ukraine : "La négociation ne peut pas être à l'ordre du jour"

Après l'annexion de quatre territoires ukrainiens par la Russie, "la négociation ne peut pas être à l'ordre du jour", estime François Hollande. L'ancien chef de l'État juge cette négociation "hors d'atteinte", "pas opportune", car elle créerait "un précédent extrêmement grave". "Ça voudrait dire qu'un coup de force, qu'une invasion puisse être gratifiée", explique-t-il. Selon François Hollande, une telle négociation "voudrait dire que la Chine pourrait demain intervenir sur Taiwan sans être mise en danger", que la "Turquie pourrait faire un certain nombre d'actions en Syrie", ou que "l'Iran pourrait mener des opérations au Moyen-Orient" sans en être inquiété.

Dissuasion nucléaire : "Dans ces affaires-là, il faut en dire le moins possible"

Emmanuel Macron a promis, sur France 2 mercredi soir, qu'il n'y aurait pas de riposte nucléaire française en cas d'attaque nucléaire tactique de la Russie sur l'Ukraine. "Il faut s'arrêter là" dans les explications, juge François Hollande. Il estime que "sur la force de dissuasion, la crédibilité c'est de ne rien dire de ce que nous aurions à faire". "Dans ces affaires-là, il faut en dire le moins possible et être prêt à en faire le plus possible", ajoute-t-il.

Parti socialiste : "Quand on fait 3% on se tait et on laisse sa place"

"Quand on fait 3% [aux élections] on se tait", lance François Hollande à la direction du Parti socialiste. L'ancien président de la République s'attaque, sans le nommer, au Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. "Quand on a depuis cinq ans la responsabilité d'un parti et qu'on n'est pas capable de présenter une candidature aux élections européennes, ou d'avoir un programme crédible à la présidentielle, on se tait et on laisse la place à ceux qui veulent constituer une grande force socialiste", s'insurge François Hollande, ancien patron du PS de 1997 à 2008.

Il dénonce par ailleurs "les positions radicales" de la NUPES, sa "forme de protestation permanente" et son "'incapacité à faire des propositions utiles". François Hollande se désole de "l'état de la gauche", où "l'on dénonce un dirigeant pour sa vie privée [affaire Julien Bayou], où l'on maintient un député qui a commis un acte de violence à l'égard de sa conjointe [affaire Adrien Quatennens] et où on va convoquer les barbecues et le patriarcat à chaque occasion".

Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du jeudi 13 octobre 2022 :

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