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"Méga-bassines" dans les Deux-Sèvres, plan eau, retraites, policiers de la Brav-M... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Christophe Béchu

Le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 25 mars 2023.
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Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 25 mars 2023. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, était l'invité du 8h30 franceinfo, samedi 25 mars 2023. Bassines dans les Deux-Sèvres, plan eau, retraites, policiers de la Brav-M... Il répondait aux questions de Lorrain Sénéchal et Neila Latrous.

Bassines : "Le message, c'est de ne pas se mêler à des gens" venus "pour casser du flic"

Une nouvelle manifestation contre les bassines dans les Deux-Sèvres est prévue samedi. 7 000 à 10 000 manifestants sont attendus. "On craint une forme de réédition" de ce qui s’est passé en octobre 2022 où "des casseurs d'ultragauche s'en étaient pris aux forces de l'ordre, avec des jets de boules de pétanque", a expliqué Christophe Béchu. Samedi, "il y a plusieurs sites" d’opposition. "Un site festif, avec un cadre autorisé, mais il y a des endroits où il ne faut pas se mêler à des gens qui ne viennent pas pour contester les projets, mais pour casser du flic, pour remettre en cause le système. C’est plus de 1 000 casseurs qu’on attend."

Christophe Béchu a insisté. "On ne peut pas, sous couvert de quoi que ce soit, transformer un moment de manifestation ou d’opposition, qui a toute sa place en démocratie, en un moment de déferlement de violences."

Plan eau et sécheresse : "Il est bouclé et il sera présenté la semaine prochaine"

Le plan eau du gouvernement pour lutter contre la sécheresse "est bouclé et sera présenté la semaine prochaine", a assuré Christophe Béchu. "Il n'y a pas d'autres trajectoires collectives que d'aller vers de la sobriété et de faire attention". Le projet en l'état n'est pas celui du gouvernement, mais celui de 450 agriculteurs dans des coopératives. Ce projet a fait l'objet d'une validation du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). "On consomme 149 litres d’eau potable par jour et par personne. Dans tout ça, il y a l’eau qu’on pourrait ne pas utiliser et l’eau qui pourrait ne pas être potable. On va bouger sur l’autorisation d’utiliser l’eau de son lave-linge pour aller dans les toilettes, ce qui est interdit à l’heure où on parle."

Les bassines sont des retenues d'eau remplies l'hiver en puisant dans les nappes phréatiques, afin de moins puiser l'eau en été. Mais les nappes n'ont pas été remplies cet hiver. "Il faut qu'on s'habitue à vivre avec moins d'eau, c'est ce que dit le rapport du Giec", a insisté Christophe Béchu. "La bassine n’est pas la solution au dérèglement climatique, ce n’est pas comme ça qu’on va s’en sortir partout en France." Les bassines ne sont pas non plus "un projet pour remplir le jacuzzi des agriculteurs, c’est un projet fait pour assurer de la production agricole, pour nous nourrir".

A Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, "le niveau des nappes déterminera ou non l’autorisation de prélever. C’est prévu dans le projet. Si les nappes ne sont pas remplies, il n’y aura pas d’autorisation de remplissage de la bassine".

Violences faites par des membres de la Brav-M : "Ils n’ont pas leur place en République et en démocratie"

Les policiers de la brigade de répression de l'action violente motorisées (Brav-M) auteurs de violences "n’ont pas leur place en République et en démocratie", a déclaré Christophe Béchu, après la diffusion d'un enregistrement audio d'une vingtaine de minutes où l'on entend plusieurs policiers de la Brav-M menacer et intimider un groupe d'individus interpellés et placés en garde à vue lundi soir à Paris, lors d'une manifestation contre la réforme des retraites.

Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a saisi l'IGPN. "On sait très bien que cette inspection conduira à un rapport et que cela aboutira à des mises en cause, je le souhaite." Mais Christophe Béchu ne veut pas "qu'on ait un standard qui consiste à se concentrer sur des débordements, des comportements inacceptables de la part de fonctionnaires de police et qu'on oublie que près de 500 ont été blessés" jeudi lors des manifestations. "Il faut qu’on fasse attention à ne pas tout ramener à des dérapages qui sont inacceptables, mais qui sont une minorité."

Retraites : "Personne ne peut dire que cette réforme prend les Français par surprise"

"Personne ne peut dire que cette réforme prend les Français par surprise", a déclaré Christophe Béchu. "C'était au cœur de l'engagement d'Emmanuel Macron dès 2017, cela a été redit en 2022. Dans l'arc républicain, de très nombreux candidats avaient insisté, avant l'élection, sur la nécessité de faire cette réforme."

Le ministre a insisté sur le fait que la France "ne peut pas être le seul pays d'Europe où on vit plus longtemps, mais où on ne travaille pas plus longtemps. Cette réforme a été conduite dans les pays qui sont autour de nous, avec parfois davantage de consensus à la fois politique." Depuis des semaines, les manifestations se multiplient en France contre le projet. "Cette réforme provoque des tensions comme chacune des réformes des retraites qui a eu par le passé. À chaque fois, on s'est retrouvé avec des contestations qui ont duré et qui ont fini, avec le temps, par s'étioler."

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur cette réforme. "Il faut le laisser travailler dans la plus grande indépendance, ce qui est toujours le cas. Il est certain que cette décision est attendue parce que c'est la prochaine étape ou la dernière étape avant la promulgation."

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