La candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle, l'état de la gauche en vue de l'élection de 2022... Le 8h30 franceinfo de Manuel Valls

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L'ancien Premier ministre Manuel Valls était l'invité du 8h30 franceinfo ce mardi.

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L'ancien Premier ministre Manuel Valls invité du 8h30 franceinfo, le 11 janvier 2022.  (FRANCEINFO)

Manuel Valls, ancien Premier ministre, était l'invité du 8h30 franceinfo mardi 11 janvier 2022. Il répondait aux questions de Marc Fauvelle et Salhia Brakhlia. 

2022 : Éric Zemmour "se nourrit des faiblesses, du fait qu'une partie de la gauche a abandonné la République"

Éric Zemmour "manipule l'histoire au service d'un projet politique [...] et ça me paraît particulièrement dangereux", a dénoncé Manuel Valls pour justifier la rédaction de son livre, Zemmour l'antirépublicain, dont la sortie est prévue le 12 janvier. "Ses mensonges et sa manipulation de l'Histoire visent à s'affranchir de la digue qui séparait la droite de l'extrême droite", selon l'ancien Premier ministre.  

Pour Manuel Valls, le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle "se nourrit des faiblesses et du fait qu'une partie de la gauche a abandonné la République, les drapeaux, etc. Ça a donné des ailes à ce mouvement politique". Il estime également qu'Éric Zemmour pourrait rendre Marine Le Pen "plus modérée (…). Son objectif, c'est la recomposition des droites sur les débris du Front national et du parti Les Républicains".

Manuel Valls considère cependant l'ancien journaliste et polémiste d'extrême droite comme "l'un des acteurs importants de cette élection". Dans ce contexte, Éric Zemmour, mais aussi Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, "doivent pouvoir concourir parce qu'ils représentent des courants politiques de pensée. Je pense qu'ils auront ces 500 signatures", a-t-il assuré. 

Présidentielle : la gauche "risque d'être totalement hors-jeu"

La gauche "risque d'être totalement hors-jeu" lors de l'élection présidentielle, a également mis en garde Manuel Valls. "Vous avez vu dans quel état elle est ? [...] Quand on ne réfléchit plus aux grands sujets de société [...] à la fin, on n'est plus utile, on disparaît".

Aujourd'hui, "la gauche ne lutte pas pour influencer le pays, pour gagner l'élection présidentielle ou pour être présente au second tour. Elle lutte pour savoir quel candidat sera devant à plus ou moins 10%" des suffrages "donc elle ne peut pas être utile". Pour l'ancien chef de gouvernement de François Hollande, "ce que les Français attendent de la gauche, c'est une utilité sur le plan économique, social et sur les questions de changement climatique".

Malgré tout, Manuel Valls se définit toujours comme un homme politique "de gauche, républicain". Mais "cette gauche a changé et évolué", déplore-t-il. "Je considère que le mot socialisme est un mot mort, dépassé". Pour autant, s'il souhaite attendre le "moment venu" pour dire quel sera son vote pour l'élection présidentielle "si c'est nécessaire", il admet avoir voté "pour Valérie Pécresse aux élections régionales".

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