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"Sur la question du terrorisme", Emmanuel Macron est "assez étonnamment absent", déplore Virginie Calmels

La vice-présidente des Républicains, invitée de franceinfo lundi, a estimé "étonnant" que le président de la République soit resté à Brégançon, dans le Var, après l'attaque au couteau à Paris samedi. 

Virginie Calmes, vice-présidente des Républicains, invitée de franceinfo le 14 mai 2018.
Virginie Calmes, vice-présidente des Républicains, invitée de franceinfo le 14 mai 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

La vice-présidente du parti Les Républicains (LR), Virginie Calmels invitée de franceinfo lundi 14 mai, s'est interrogée sur la réaction du président de la République, après l'attaque au couteau à Paris samedi soir, qui a fait un mort et quatre blessés. Emmanuel Macron a réagi via son compte Twitter. Il n'a pas pris la parole publiquement. "Sur la question du terrorisme, je le trouve assez étonnamment absent", a déclaré Virginie Calmels.

Le chef de l'Etat était ce week-end au fort de Brégançon dans le Var, la résidence d'été officielle de la présidence française. "Il n'est pas rentré de Brégançon, ce qui est un peu étonnant. Je note surtout une forme d'impuissance ou d'inaction. Elle est inquiétante. On a l'impression qu'on est en train de s'habituer à l'horreur", a regretté Virginie Calmels.

L'hommage rendu par Emmanuel Macron au colonel Beltrame après les attentats dans l'Aude "était un magnifique discours. Mais derrière, il ne se passe rien. Et on attend encore un mois et demi, il y a un nouvel attentat et il ne se passe rien". La première vice-présidente des Républicains a estimé que "les Français en ont marre de cet immobilisme et sont en droit d'attendre des propositions concrètes".

"Je suis interrogative, je suis étonnée", a ajouté Virginie Calmels qui voit, dit-elle, "Emmanuel Macron très actif, très mobilisé, très énergique" sur d'autres sujets. Selon la représentante du parti LR, lors de la campagne présidentielle, "Emmanuel Macron avait expliqué qu'il n'avait pas de plan contre le terrorisme. Maintenant, il est chef de l'État depuis un an, et je ne vois pas un véritable plan d’action concret pour faire face à cette menace. Bien sûr que le risque zéro n'existe pas, mais on ne peut pas rester les bras ballants, les bras croisés." La première vice-présidente des Républicains s'est dite "étonnée par le fait de ne pas désigner clairement le mal", ajoutant que l'"on met sans arrêt un voile pudique comme si on ne voulait pas expliquer que le problème est l’islamisme radical".

Ne "pas s'habituer à l'horreur"

Virginie Calmels estime que "l'arsenal juridique que nous avons est celui d’un pays en paix alors que nous considérons que nous sommes en guerre contre l’État islamique".

"J’ai du mal à entendre des responsables politiques nous dire ‘Il va falloir s’habituer, on ne peut rien faire, on ne peut pas anticiper, ça va se reproduire’. Ce qui me choque, c’est qu’on a l’impression qu’on est en train de s’habituer à l’horreur", a déclaré la vice-présidente de LR. Elle a évoqué plusieurs mesures proposées par Les Républicains, notamment une surveillance accrue et "une rétention administrative en anticipation des gens les plus radicalisés qui seraient prêts éventuellement à passer à l’acte"

"Si le président de la République se saisit d’une modification de la Constitution, pourquoi ne pas profiter pour aller mettre des sujets qui n’y sont pas aujourd’hui, s'interroge Virginie Calmels. Le fait de consulter des sites jihadistes permet de surveiller des personnes. Si elles vont sur ces sites jihadistes, elles sont peut-être radicalisées ou prêtes à passer à l’acte."

Regardez l'intégralité de l'entretien de Virginie Calmels sur franceinfo le 14 mai 2018.

Virginie Calmes, vice-présidente des Républicains, invitée de franceinfo le 14 mai 2018.
Virginie Calmes, vice-présidente des Républicains, invitée de franceinfo le 14 mai 2018. (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)