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Politique d'immigration : Valérie Pécresse attend "des actes et des preuves"

Emmanuel Macron se rend mardi à Calais pour défendre sa politique sur l'immigration. Valérie Pécresse affirme mardi sur franceinfo qu'il fallait bien différencier les clandestins des demandeurs d'asile, mais elle attend des "actes et des preuves".

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Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Emmanuel Macron est à Calais mardi 16 janvier pour tenter d'améliorer la situation dans cette ville portuaire par laquelle passent de nombreux migrants. La politique du gouvernement est très critiquée. Pour Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, "il était urgent de mettre fin à la confusion qui existe entre les demandeurs d'asile et les migrants clandestins", a-t-elle déclaré à franceinfo. "Il faut avoir le courage de différencier ces immigrations, avoir le courage de faire respecter la loi de la République. Quand on est dans l’illégalité, on doit rentrer chez soi", a-t-elle ajouté.

La présidente LR de la région Île-de-France attend maintenant des actes concrets. "Oui, le gouvernement est inflexible dans les mots, mais maintenant, j’attends qu’il soit inflexible dans les actes. J’attends des preuves", a-t-elle lancé. "Je crois que ce discours est le bon, mais maintenant j’attends des actes et j’attends des preuves", a-t-elle martelé.

Une politique du "donnant-donnant" avec l'Afrique

Elle propose des actions concrètes au gouvernement. "Je demande au gouvernement qu’il publie chaque mois le nombre de personnes qui seront reconduites dans leurs pays, leurs pays d’origine, et aussi les pays en question pour qu’on sache les pays qui jouent le jeu et les pays qui ne jouent pas le jeu", a lancé Valérie Pécresse. Elle propose une politique du donnant-donnant. "Je crois qu’il faut faire un donnant-donnant avec les pays d’origine. Nous avons une aide puissante au développement qui, à mon sens, devrait encore être amplifiée. Je crois que ce serait l’honneur de la France de porter un plan Marshall pour le développement de l’Afrique (...) Je crois que nous devons être puissamment en aide vis-à-vis de l’Afrique, mais ça veut dire donnant-donnant. Les pays d’origine doivent reprendre leurs ressortissants qui sont en situation irrégulière sur notre sol."

Des situations "absolument intolérables"

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a indiqué mardi 16 janvier que près de 15 000 personnes avaient été expulsées en 2017. La circulaire Collomb qui permet un recensement dans les centres d'hébergement a fait beaucoup réagir contre elle. Valérie Pécresse "comprend absolument le sentiment des associations". Mais en même temps, elle estime que "nous n’avons pas les moyens d’accueillir ces personnes dans de bonnes conditions". Elle illustre ses propos par l'exemple de sa région. "Aujourd’hui en Île-de-France, dans notre seule région, nous avons 120 bidonvilles. Nous avons des personnes qui vivent dans la rue. Nous avons des situations qui en termes d'hygiène, de salubrité, de dignité, d'humanité, sont absolument inacceptables et intolérables. On doit y mettre fin, avec un seul principe directeur : une inflexibilité à faire appliquer la loi de la République", insiste Valérie Pécresse.

Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)