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"Les mobilisations, ça sert toujours à quelque chose", affirme Philippe Martinez

Alors que les fonctionnaires et des cheminots sont appelés à la grève jeudi, le secrétaire général de la CGT juge que la mobilisation est utile, en citant celle des retraités et du "petit recul" du gouvernement. 

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Philippe Martinez,  secrétaire général de la CGT.   
Philippe Martinez,  secrétaire général de la CGT.    (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité de franceinfo jeudi 22 mars, a estimé utile la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots, appelés à la grève aujourd'hui par sept syndicats.

Un "petit recul" du gouvernement sur les retraites

"J'ai noté que les retraités étaient très largement mobilisés, la semaine dernière, et on a vu un petit recul du Premier ministre, donc vous voyez que les mobilisations, ça sert toujours à quelque chose. Ce qui est sûr, c'est que quand on ne fait rien, ça ne risque pas de changer", a déclaré le leader syndical. Philippe Martinez fait référence à l'annonce, mercredi, par le Premier ministre Edouard Philippe, que la hausse de la CSG serait "corrigée" pour environ 100 000 retraités qui se trouvent actuellement juste au-dessus du revenu fiscal de référence.

"Moderniser" le service public, mais "pas le réduire"

Le secrétaire général de la CGT a dénoncé la méthode de concertation du gouvernement sur la réforme de la SNCF. "C'est, 'asseyez-vous, on va vous expliquer ce qu'on veut faire. Point.' Il n'y a rien à négocier, vous l'entendez dans les déclarations des ministres", a déclaré Philippe Martinez, intimant à la ministre des Transports, Elisabeth Borne, de changer sa façon de faire et d'accepter "de discuter plus largement, y compris en ayant un débat contradictoire".  

La CGT a remis son propre projet de réforme de la SNCF au gouvernement, a précisé Philippe Martinez. "Nous voulons une réforme de la SNCF, nous voulons que les trains arrivent à l'heure. Il faut plus de moyens, plus de cheminots, internaliser à nouveau un certain nombre de travaux", a-t-il détaillé. "Nous sommes d'accord, il faut faire évoluer le service public, mais pas pour le réduire. Pour l'améliorer. Il faut plus de fonctionnaires", a martelé le leader de la CGT. 

"Les jours de non grève, il n'y aura pas grève"

Interrogé sur la participation prévue pour cette journée d'action du 22 mars, le secrétaire général de la CGT a accusé la direction de la SNCF d'annuler des trains pour "bloquer quelques délégations [de manifestants] qui voulaient venir défiler à Paris". Philippe Martinez y voit une volonté de la direction de la compagnie ferroviaire d'"opposer usagers et cheminots""C'est une manifestation nationale, tout était prévu, sauf que la direction de la SNCF annule des trains", a-t-il déclaré.

Appelé à réagir aux propos du PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, qui redoute des dégradations et des sabotages, en s'appuyant sur un mail attribué à un cheminot CGT, Philippe Martinez a dénoncé les propos du patron des chemins de fer français. "C'est scandaleux ce que dit Monsieur Pépy. Accuser les cheminots de vouloir saboter son entreprise, c'est très, très grave", a martelé le numéro un de la CGT. "Les jours de non grève, il n'y aura pas grève", a-t-il assuré.

Par ailleurs, Philippe Martinez n'a pas repoussé l'idée d'un élargissement du mouvement de contestation. "Nous pensons qu'il faut d'autres journées de mobilisation pour permettre d'élargir le mouvement", a-t-il déclaré. "Il y a d'autres revendications" a poursuivi le secrétaire général de la CGT, citant Ford à Bordeaux et Air France. "Il y a besoin de faire converger ces luttes", a-t-il conclu.  

Philippe Martinez,  secrétaire général de la CGT.   
Philippe Martinez,  secrétaire général de la CGT.    (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)