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"Sans 5G, beaucoup d'innovations se déplaceront soit sur des villes qui l'ont adoptée, soit sur des pays qui l'auront adoptée", alerte Bruno Bonnell

Le député LREM du Rhône assure sur franceinfo que "la France ne peut pas se mettre en retard sur cette technologie".

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Bruno Bonnell, député LREM du Rhône, invité de franceinfo mardi 15 septembre 2020.
Bruno Bonnell, député LREM du Rhône, invité de franceinfo mardi 15 septembre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Bruno Bonnell, député LREM du Rhône, invité mardi 15 septembre de franceinfo, a réagi à l'annonce d'Emmanuel Macron de développer la 5G sans passer par un moratoire comme proposé par la Convention citoyenne sur le climat. Selon lui, la France ne peut pas se mettre en retard sur cette technologie car "c'est une rupture technologique majeure que tous les pays du monde adoptent" et les autres ne passent pas par un moratoire. Sur les positions de certains élus de grandes villes qui s'opposent à la 5G, Bruno Bonnell prévient : "Sans 5G, beaucoup d'innovations se déplaceront soit sur des villes qui l'ont adoptée, soit sur des pays qui l'auront adoptée".

franceinfo : vous êtes plutôt 5G ou amish ?

Bruno Bonnell : Je suis carrément 5G. Il faut bien l'expliquer. Ce n'est pas l'évolution de la 4G. La 5G est à la 4G ce que l'ordinateur est à la télévision. C'est une rupture technologique majeure que tous les pays du monde qui l'adoptent. On ne peut pas se mettre en retard de ça et de vouloir continuer à vivre dans un monde dans lequel on aurait décroché.

Ceux qui s'interrogent sont-ils à vos yeux des rétrogrades adeptes de la lampe à huile. On a le droit d'avoir un avis dans ce pays quand même, non ?

On a le droit d'avoir un avis, mais par contre l'avis qu'on n'a pas le droit d'avoir, c'est au moment où on relance le pays de prendre des décisions basées sur des convictions qui sont à débattre et de bloquer une économie. Il y a des maires de grandes villes, dont Lyon, dont Villeurbanne, ma circonscription, qui commencent à dire qu'ils ne vont pas prendre la 5G. Mais les entrepreneurs qui font leurs plans sur de nombreuses années vont dire "on ne s'installe pas dans ces villes". Ça veut dire que les sociétés vont disparaître, l'emploi va disparaître. Donc là, l'effet domino est important.

C'est le scénario catastrophe que vous décrivez ?

Sans 5G, beaucoup d'innovations se déplaceront soit sur des villes qui l'ont adoptée, soit sur des pays qui l'auront adoptée.

Mais la Convention citoyenne pour le climat convoquée par Emmanuel Macron, quand elle dit moratoire, elle ne dit pas non. Elle dit peut être qu'il faut prendre un peu le temps de poser le sujet sur la table.

Pendant ce temps-là, tous les autres pays, tous les autres acteurs en compétition avec l'innovation française, eux, n'ont pas fait de moratoire, avancent. Et surtout, il faut se rappeler aussi que les normes françaises définies sur ce type de télécommunications sont les plus optimales de tous les pays du monde. Et donc, il y a aussi des grands professionnels de télécommunications en France qui ne prennent pas des décisions juste basées sur une rentabilité potentielle, comme je l'ai entendu, mais sur une réalité technologique d'efficacité.

D'un côté, il y a les grandes métropoles avec la 5G pour attirer les entrepreneurs du futur. Et puis, dans l'autre monde, il y a ces zones blanches. 4G, voire 3G qui n'accèdent pas aux nouvelles technologies. Il y a une France à deux vitesses qui se dessine d'abord ?

Dans les années 1970, il y avait 30% des gens qui n'avaient pas de téléviseur et en même temps, c'était l'émergence de l'ordinateur. Eh bien, c'est la même chose. Il faut faire les deux choses de front. Il faut continuer à couvrir les zones franches de la France avec la 3G de la 4G. Il y a 19 000 foyers qui sont reliés chaque semaine à la fibre. Il y a une évolution du montage de pylônes. Je crois que c'est quelque chose comme 2 000 pylônes sur la France aujourd'hui. Il y a eu un vrai plan de couverture et le plan, c'est d'ici 2022 ou 2023, une couverture totale du territoire, mais ça n'a rien à voir avec la 5G. La 5G, c'est aussi pour l'agriculture, c'est pour la télémédecine dans les zones où, justement, il y a des déserts médicaux. C'est la possibilité, enfin, d'avoir une technologie de télécommunication qui va donner justement plus d'égalité et, paradoxalement, plus d'écologie.

Vous n'êtes pas inquiet de la surconsommation d'énergie que va exiger cette 5G ?

En compensation de quoi ? De trajet en voiture au lieu de faire du télétravail ou de faire la téléconsultation ? Non, je pense qu'il faut regarder l'équilibre global de tout ça.

Bruno Bonnell, député LREM du Rhône, invité de franceinfo mardi 15 septembre 2020.
Bruno Bonnell, député LREM du Rhône, invité de franceinfo mardi 15 septembre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)