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VIDEO. Laurence Decréau : "Il y a une crise des cadres qui se rendent compte qu'ils n'ont plus vraiment de métier mais juste un titre"

Invitée de Jean-Paul Chapel dans ":l'éco", Laurence Decréau présente son nouvel ouvrage "Tempête sur les représentations du travail"

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L'invitée est partie du constat aberrant qu'il y a 3 millions de chômeurs et 120 000 postes non pourvus dans l'industrie faute de candidats qualifiés. "Depuis des siècles maintenant, tout ce qui est lié à la matière, ce qu'on va façonner, c'est mal vu dans notre pays" déclare Laurence Decréau. L'auteur de "Tempête sur les représentations du travail" explique que les emplois dits manuels donnent du sens au travail : "Oui, cela donne une satisfaction au travail. On voit bien qu'il y a une crise des cadres qui se rendent compte qu'ils n'ont plus vraiment de métier mais juste un titre. On voit ce qui en ressort comme malaise très profond chez les cols blancs. Ce n'est pas le cas des cols bleus, qui travaillent dans la matière et la technique, et qui font quelque chose de leur journée". 

D'où vient cette dichotomie ? "Aujourd'hui, tout commence avec le primaire jusqu'à l'âge de 11 ans, puis on enchaîne avec le secondaire. Or, pendant des décénies, jusqu'en 1959, il y avait deux voies parallèles: le primaire de 6 ans à 16 ans et le secondaire aussi de 6 ans à 16 ans. Le secondaire était payant, c'était pour les riches. On y faisait du français, du latin, un peu de mathématiques."

La question AFP : "L'engouement récent pour l'apprentissage traduit-il un changement profond de l'image de cette filière ?" Laurence Decréau répond : "Il y a beaucoup de chose à rattraper. Chez nous, l'alternance a toujours été regardée avec beaucoup de suspicion."

Certains cols blancs se reconvertissent à l'artisanat : "Ils ne savent pas à quoi servent leurs journées. Il y a un moment où le métier n'est plus un métier. Cela montre que dans le travail de bureau, il y a quelque chose qui ne va plus. On a besoin de retourner aux métiers" conclut-elle.

L'interview s'est terminée avec "Louxor, J'Adore" de Philippe Katerine.