Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Matignon dit stop au cyberjihadisme

Dans cet extrait de l’émission "Envoyé spécial" diffusée le jeudi 5 mars, la journaliste Élise Le Guevel a rencontré Christian Gravel, à la tête du service qui a réalisé la vidéo #StopDjihadisme. Une commande du gouvernement pour lutter contre la radicalisation via internet. Mais est-ce suffisant ?

ELISE LE GUEVEL / FRANCE 2

À l’automne dernier, le gouvernement a décidé d’agir contre l’embrigadement jihadiste sur internet. Un site a vu le jour, ainsi qu'une vidéo et un hashtag #StopDjihadisme. Derrière ce clip qui reprend les codes visuels des vidéos de propagande du groupe État islamique afin de contrer leur discours, une cellule composée de 80 personnes, qui dépend directement de Matignon.

Cette vidéo montre des images violentes acommpagnées de messages clairs pour rétablir la vérité face à la propagande jihadiste.

Lutter contre le cyber-jihad

Ce procédé s'inspire probablement de l'exemple américain : le gouvernement des  États-Unis a diffusé un clip choc pour dissuader les jeunes de partir faire le jihad. En France, ce clip a reçu un écho assez positif. L’une des employées de cette cellule rattachée au Service d’information du gouvernement explique ainsi : "Surtout, ce qui a beaucoup plu, c'est le caractère innovant, le message choc de la vidéo, mais aussi le fait que l'on s’était approprié les codes et les formats."

Pour Christian Gravel, qui dirige ce service d’ordinaire habitué à réaliser des clips contre le tabagisme ou sur la sécurité routière, il ne fait aucun doute que la France a pris du retard. "Incontestablement, ils [le groupe État islamique] sont partis depuis un certain temps. Quand on voit la qualité des outils qui sont les leurs, notamment sur le web, il fallait plus que jamais investir ce terrain-là. Cette guerre – puisqu’il s’agit d’une guerre – elle se joue aussi sur le terrain de l’information. Ou de la désinformation, d’ailleurs", analyse-t-il.

Les limites du dispositif

Évidemment, le clip en lui-même est loin d’être suffisant, surtout face à des sites qui pullulent sur internet et face aux moyens déployés par Daech. Mais le gouvernement affiche son intention d’aller beaucoup plus loin sur le terrain de la communication. "Ceux qui sont déjà dans une logique d’apprentissage jihadiste ne sont absolument pas sensibles à ce que l’on fait. Et nous n’avons jamais eu la prétention d’essayer de retourner ces situations-là. L’objectif qui était le nôtre est de toucher ceux qui se trouvent dans la phase précédente", ajoute-t-il.

Certains utilisateurs s'étonnent sur Twitter des limites des outils mis en place par le gouvernement français :

 

(CAPTURE ÉCRAN FRANCE 2 / FRANCETV INFO)