Envoyé spécial, France 2

VIDEO. La Cour des comptes veut supprimer les mutuelles étudiantes

Dans cet extrait de l'émission "Envoyé spécial" diffusée le jeudi 12 février, la journaliste Laure Pollez a rencontré Antoine Durrleman, président de la 6e chambre de la Cour des comptes. Pour lui, les mutuelles étudiantes sont une aberration.

SOPHIE ROLAND / FRANCE 2

Voilà soixante-sept ans que les étudiants ne sont ni à la Sécu, ni en dehors… Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Unef (Union nationale des étudiants de France) décide de se doter de son propre système de sécurité sociale. L’assurance maladie, qui a vu le jour en 1945, ne couvre que les salariés, laissant de côté les étudiants. Pour pallier ce manque, et au lieu de les intégrer au régime général, naît la toute première Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef, devenue LMDE) en 1948. Contrairement au régime général, les étudiants ne cotisent pas, mais doivent payer une adhésion annuelle. Mais cette adhésion est clairement insuffisante pour couvrir tous les frais de fonctionnement et de remboursement.

Des étudiants qui paient le prix fort

Face à ces nombreux dysfonctionnements, ce sont les étudiants qui paient le prix fort. Cartes Vitale qui se font attendre six mois après le début des cours, délais de remboursement interminables, système non numérisé, personnel mal formé, interlocuteurs difficilement joignables… En somme, il ne fait pas bon tomber malade quand on est étudiant en France. 

Une économie de 70 millions d’euros par an

Les intermédiaires, qui sont une dizaine à se partager le gâteau, offrent pourtant la même couverture sociale. Face à un système coûteux, inefficace et désuet, certains préconisent une solution radicale : la suppression des mutuelles étudiantes. C’est le cas d’Antoine Durrleman, président de la 6e chambre de la Cour des Comptes, qui a répondu aux questions d’Envoyé spécial

"Si on réintègre les étudiants dans la Sécu générale, dans la Sécu de tout le monde, l’économie, c’est 70 millions d’euros net par an", indique Antoine Durrleman, avant de poursuivre : "L'avantage serait double ; une meilleure qualité de service, moins de coûts." Cette analyse est partagée par le Sénat, qui a présenté une loi en novembre pour que ce système disparaisse d'ici trois ans.

Sur Twitter, de nombreux utilisateurs ont soutenu cette proposition, notamment des politiques tels que Valérie Pécresse :