Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Envoyé spécial. Les "adieux" du kamikaze de Tunis interceptés ?

Un "hacktiviste" anonyme affirme avoir intercepté la dernière conversation entre le kamikaze de Tunis et ses commanditaires du groupe Etat islamique. Le 24 novembre dernier, il a actionné sa ceinture d'explosifs dans un bus de la garde présidentielle. L'attentat a fait douze morts. Un extrait d'"Envoyé spécial" du 3 décembre.

FRANCE 2 / ENVOYÉ SPECIAL

A-t-il intercepté la dernière conversation du kamikaze de Tunis avec ses commandants du groupe Etat islamique ? Il s'appelle Pete (le prénom est modifié), un "hacktiviste" anonyme qui a trouvé le moyen d'"écouter" les communications cryptées des jihadistes de Daech. Pendant son entretien avec les journalistes d'"Envoyé spécial", il intercepte une conversation... "Voilà, c'était nos adieux. C'est la dernière fois qu'on se parle. J'ai vu vos gars, mes frères, j'ai vu comment ils ont mis Paris à genoux" [...] "C'est toi qui vas nous manquer, mon cher. On espère te rejoindre le plus tôt possible." Pour Pete, ce sont des leaders de l'EI qui discutent avec "un futur kamikaze qui pleurait, qui saluait ses compatriotes, soi-disant ses amis, qu'il était content d'aller faire le kamikaze pour aller au paradis."

Le lendemain du tournage, le kamikaze se fait exploser à Tunis

Sur le coup, impossible d'identifier les interlocuteurs, encore moins de déterminer le lieu d'un éventuel attentat. Mais le lendemain du tournage, un homme se fait exploser dans un bus de la garde présidentielle avenue Mohammed-V, à Tunis. A une centaine de mètres du ministère de l'Intérieur. L'attentat fait douze morts parmi les agents de sécurité du président. Il est revendiqué par l'EI, le kamikaze se faisait appeler Abou Abdallah al-Tounissi.

Le lendemain, les équipes d'"Envoyé spécial" retournent voir Pete. Pour lui, ce sont bien les "adieux" du terroriste qu'il a interceptés : "Quand l'attentat a été fait en Tunisie, je suis revenu sur les enregistrements que j'ai fait le jour où ils ont parlé avec les dirigeants de Daech présents ce jour-là. J'ai trouvé que l'un des commandants félicitait Abou Abdallah d'être mort en martyr, et qu'il va être accepté au paradis. Et là, j'ai compris que c'était la même personne qu'on avait écoutée 24 heures avant."